
Elles sont venues en nombre, déterminées et mobilisées. À l’occasion de la 42ᵉ édition de la Journée Nationale de l’Arbre, le Réseau des Femmes Fonctionnaires Parlementaires du Bénin (RFFPB) a marqué de son empreinte la célébration départementale organisée à Avlankanmè, dans l’arrondissement de Damè-Wogon, commune de Bonou. Sous le thème national « Enfants ambassadeurs engagés pour un Bénin verdoyant », la journée a conjugué solennité institutionnelle, ferveur citoyenne et engagement concret sur le terrain.
Une participation institutionnelle portée haut
La présence du Réseau, conduit par sa présidente Madame Vioutou Akplogan, n’est pas le fruit du hasard. Elle est l’expression d’un positionnement assumé : faire de la protection de l’environnement une cause syndicale, institutionnelle et féminine à part entière. Dans son allocution, la représentante du Réseau a tenu à souligner d’emblée que cette participation est bien plus qu’un acte de présence. « Elle constitue un engagement collectif pour la préservation de notre environnement et des générations futures », a-t-elle affirmé, saluant au passage la décision du Président de l’Assemblée nationale, le Professeur Joseph Djogbénou, d’avoir autorisé la participation du personnel civil et militaire parlementaire à cette activité citoyenne, malgré les contraintes d’un jour ouvrable. Ce geste institutionnel, perçu comme une marque de confiance forte, a été reçu avec fierté par les membres du Réseau, qui y voient la reconnaissance de leur rôle dans la promotion du développement durable au sein de la sphère parlementaire.
Femmes actrices de la transition écologique
Face à une crise environnementale que la présidente du Réseau a qualifiée de « réalité qui impacte directement nos conditions de vie, notre santé et le monde du travail », le RFFPB entend incarner un modèle d’action féminine et citoyenne. Dans un discours à la fois lucide et mobilisateur, elle a appelé à faire de chaque arbre planté « un symbole d’espoir, de responsabilité et de solidarité ». Mais au-delà des mots, c’est sur le site d’Avlankanmè que l’engagement a pris tout son sens. Aux côtés des élus locaux, des autorités préfectorales, des officiers des Eaux et Forêts, des forces de défense et de la députée Denise Degbedji, les membres du Réseau ont activement participé à la mise en terre de plants sur les trois hectares mis à disposition par la commune de Bonou — un geste fort du maire Emmanuel Zounmènou, salué comme un acte d’engagement environnemental exemplaire.
*Planter, oui. Mais surtout entretenir
Ce qui distingue la démarche du RFFPB, c’est précisément son refus de s’en tenir à l’acte symbolique. La présidente du Réseau l’a dit clairement : « L’histoire retiendra moins le nombre d’arbres que nous aurons plantés aujourd’hui que notre capacité collective à les protéger et à les faire grandir. Car planter un arbre est un acte de foi, mais entretenir un arbre est un acte de responsabilité. » En ce sens, le Réseau s’est engagé à assurer le suivi des plants mis en terre, à poursuivre la sensibilisation dans ses communautés et à promouvoir des comportements écoresponsables dans les milieux de vie et de travail de ses membres. Un engagement qui résonne avec les mots du Préfet de l’Ouémé, Dr Marie Akpotrossou, qui a rappelé pour sa part qu’« un arbre planté sans entretien est une promesse inachevée ».
Les enfants au cœur du message
Le thème de cette 42ᵉ édition a offert au Réseau un terrain naturel de convergence avec ses valeurs. En plaçant les enfants ambassadeurs au cœur du dispositif, le RFFPB a voulu envoyer un message intergénérationnel : la protection de l’environnement ne se décrète pas, elle s’éduque, se transmet et se cultive dès le plus jeune âge. « Nos enfants sont les gardiens de demain. En leur inculquant dès maintenant les valeurs de protection de la nature, nous semons les graines d’un Bénin plus vert, plus résilient et plus prospère », a souligné la présidente du Réseau. La journée a coïncidé avec le lancement du Certificat d’Études Primaires (CEP), offrant une occasion symbolique supplémentaire de rappeler aux jeunes candidats que le savoir académique et la conscience écologique sont deux piliers indissociables de la citoyenneté.
Un engagement qui ne s’arrête pas au 1er juin
À Bonou, ce lundi 1er juin 2026, le Réseau des Femmes Fonctionnaires Parlementaires du Bénin a démontré que l’institution parlementaire peut et doit être un espace de mobilisation pour la cause environnementale. En unissant leurs voix à celles des autorités locales, des services techniques et des populations, ses membres ont contribué à faire de cette édition départementale un moment de mobilisation remarquable, salué par l’ensemble des participants. Reste à tenir la promesse. Celle d’un suivi, d’un entretien, d’une vigilance continue. Le Réseau s’y est engagé publiquement. Et c’est peut-être là son message le plus fort
Max Gaspard ADJAMOSSI
