INSTALLATION OFFICIELLE CE JEUDI DU SÉNAT : Une nouvelle ère institutionnelle s’ouvre au Bénin

Porto-Novo a vécu ce jeudi 30 juillet 2026 un moment inédit dans l’histoire politique du Bénin : l’installation officielle de la toute première mandature du Sénat. Cette cérémonie, tenue au siège de l’Assemblée nationale, marque l’aboutissement d’un processus enclenché près de huit mois plus tôt, après la promulgation par l’ancien président Patrice Talon de la Constitution révisée du 17 décembre 2025.

Une cérémonie chargée de symboles    

La séance a été présidée par Élisabeth Pognon, doyenne d’âge en second de la Chambre haute, en l’absence de Nicéphore Dieudonné Soglo, retenu à l’étranger pour raisons de santé. Le protocole s’est déroulé en deux temps : une partie solennelle, marquée par le discours officiel et la traditionnelle photo de famille, suivie d’une séance à huis clos consacrée aux premiers travaux internes des sénateurs.

Plusieurs personnalités de premier plan memebre de l’institution ont assisté à l’événement, parmi lesquelles les anciens chefs d’État Boni Yayi et Patrice Talon, ainsi que d’anciens présidents d’institutions comme Adrien Houngbédji, Louis Vlavonou, Antoine Idji Kolawolé et Mathurin Coffi Nago.

L’élection du président et du bureau du Sénat n’a pas eu lieu ce jeudi : cette étape est suspendue à l’adoption préalable du règlement intérieur de l’institution.

Un appel à la responsabilité

Dans son allocution, Élisabeth Pognon a insisté sur le poids historique de cette première mandature, rappelant que ces sénateurs auront la charge de façonner l’identité et la crédibilité de l’institution naissante. Elle a évoqué « l’honneur redoutable d’être les premiers » au sein de cette nouvelle chambre, soulignant que la responsabilité leur incombe d’en poser les premières marques. Elle a exhorté les sénateurs à la rigueur, à l’objectivité et au sens de l’intérêt général, rappelant que l’histoire jugera leurs actes plus que leurs ambitions.

Le rôle constitutionnel du Sénat

L’ancienne présidente de la Cour constitutionnelle a tenu à préciser que le Sénat n’a pas vocation à se substituer à la Cour constitutionnelle : cette dernière tranche les litiges juridiques, tandis que la nouvelle chambre exerce une mission de régulation de la vie politique, conformément à l’article 113.1 de la Constitution. À ce titre, l’institution est chargée de veiller à l’unité nationale, à la stabilité politique, à la démocratie, à la paix et au respect de la trêve politique. Elle dispose aussi de compétences spécifiques, dont la possibilité de prononcer des sanctions de suspension ou de retrait de droits politiques ou civiques, ainsi que l’obligation de rendre un avis de non-objection avant la promulgation des lois constitutionnelles, électorales ou relatives aux partis politiques.

Une chambre de 25 membres

Composé de membres de droit et de personnalités désignées par le président de la République et par l’Assemblée nationale, ce premier Sénat comptera 25 membres au total. Sa création constitue l’une des innovations majeures de la révision constitutionnelle de décembre 2025 et consacre le passage du Bénin à un Parlement bicaméral, une première depuis l’adoption de la Constitution du 11 décembre 1990.

A noter que juste après l’installation officielle,  les s&nateur béninois ses sont retrouvés  en séance et ont adopté à l’occasion le règlement intérieur de linstitution. Ce règlement intérieur sera transmis à la cour constitutionnelle pour contrôle de constitution Les s&nateurs se sretrouvent à nouveau le. le 6 aoȗt prochain.

Reste désormais aux sénateurs à transformer cette étape symbolique en institution crédible et respectée  un défi que la doyenne d’âge a placé au cœur de son discours inaugural.

Max Gaspard ADJAMOSSI

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