
Les députés de la 10ème législature ont adopté à l’unanimité, lors de la première session ordinaire de l’année 2026, le premier rapport d’activités du Président de l’Assemblée nationale, le Professeur Joseph Fifamin DJOGBÉNOU.Un document salué tant pour la richesse de son contenu que pour la qualité de sa forme.
Un rapport pour deux législatures
Conformément aux dispositions de l’article 21 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, qui fait obligation au Président de rendre compte de ses activités et de sa gestion à chaque ouverture de session ordinaire, le Professeur Joseph Fifamin DJOGBÉNOU a soumis à l’appréciation de ses pairs un rapport couvrant une période exceptionnellement large : du 1er octobre 2025 au 21 avril 2026.En vertu du principe de continuité de l’État, ce rapport embrasse à la fois les dernières activités de la 9ème législature (du 1er octobre 2025 au 7 février 2026) et les premiers pas de la 10ème législature (du 8 février 2026 au 21 avril 2026), offrant ainsi un panorama complet et cohérent de la vie parlementaire sur cette période charnière.La 9ème législature : un bilan législatif denseLa première partie du rapport dresse un bilan substantiel de la dernière session ordinaire de la 9ème législature. Durant cette période, le Bureau et la Conférence des Présidents ont tenu chacun une réunion, avec des taux de participation remarquables, atteignant respectivement 100% et 93,33%. Neuf séances plénières ont été organisées, au cours desquelles l’Assemblée nationale a examiné et adopté un ensemble de textes législatifs regroupés en quatre catégories
:-Une loi constitutionnelle : la loi n° 2025-20 portant révision de la Constitution du 11 décembre 1990, adoptée en séance plénière le 14 novembre 2025 ;
– Deux lois de finances : notamment la loi de finances pour l’année 2026, arrêtant le budget de l’État à 3 783,984 milliards de F CFA, ainsi que la loi portant règlement définitif du budget 2023, toutes deux adoptées le 4 décembre 2025 ;
– Cinq lois ordinaires, portant respectivement sur l’industrie du cinéma et de l’image animée, la prévention et la prise en charge du VIH/SIDA, la modification de la loi organique sur la Cour constitutionnelle, celle sur le Conseil économique et social, ainsi que la loi modifiant la création du Haut-Commissariat à la prévention de la corruption ;
– Sept conventions de financement sur un total de 14 décrets de ratification relatifs à des accords de crédit approuvés au cours de la période.
À noter qu’aucune commission d’enquête parlementaire n’a été constituée durant cette période, et qu’une seule question orale avec débat a été enregistrée, relative à la situation des Béninois résidant au Gabon.
La 10ème législature : une installation réussie, un démarrage structuré
La deuxième partie du rapport marque le coup d’envoi officiel de la 10ème législature. Le 8 février 2026, les nouveaux députés ont été solennellement installés lors d’une session inaugurale présidée par le Doyen d’âge, l’honorable N’da Antoine N’DA, assisté des deux plus jeunes députés, Youssouf ISSA et Faridatou YACOUBOU TRAORÉ ZACHARI, en qualité de secrétaires de séance. À l’issue de cette session, le Professeur Joseph Fifamin DJOGBÉNOU a été élu Président de l’Assemblée nationale.Le 11 février 2026, lors de la première session extraordinaire de l’année, deux groupes parlementaires ont été constitués :
– Le groupe « Union Progressiste Le Renouveau », fort de 60 députés, présidé par Natondé AKE
;- Le groupe « Bloc Républicain », comptant 49 députés, présidé par Assan SEÏBOU.
Les cinq commissions permanentes de l’Assemblée ont également été mises en place, leurs membres procédant aussitôt à l’élection des membres de leurs bureaux respectifs.Le 15 avril 2026 a marqué l’ouverture de la première session ordinaire de l’année 2026.Si aucune loi n’a encore été adoptée durant cette phase d’installation, les structures et organes nécessaires au bon fonctionnement de la représentation nationale sont désormais pleinement opérationnels.
Une diplomatie parlementaire active
Sur le plan de l’engagement international, l’Assemblée nationale a affirmé sa présence dans les instances interparlementaires mondiales et régionales à travers une série de participations stratégiques :
– 23 février 2026: Réunion des groupes Afrique et Union européenne de l’OEACP, par visioconférence ;-
Du 20 février au 1er mars 2026 : Séminaire parlementaire et première session extraordinaire du Parlement de la CEDEAO ;-
3-15 mars 2026 : Conférence des Présidents et 57ème session ordinaire du Comité Interparlementaire de l’UEMOA
;- 20-21 mars 2026 : Forum des politiques publiques jeunesse à Cotonou ;- 25-27 mars 2026: Atelier de l’Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS) à Cotonou, ayant abouti à la validation d’une feuille de route stratégique pour le financement domestique de la santé dans l’espace CEDEAO ;
– 7-9 avril 2026 : Participation à la 17ème Conférence des Présidents d’Assemblées et de section de l’APF-Région Afrique et à la cérémonie d’ouverture de la première session ordinaire de l’Assemblée nationale du Togo.
En marge de cette conférence, le Président DJOGBÉNOU a eu une audience avec son homologue ivoirien, le Président Patrick ACHY ;
– 14-19 avril 2026 : 152ème Assemblée de l’Union interparlementaire.
Des défis identifiés, des perspectives ambitieuses
Le rapport n’occulte pas les difficultés rencontrées.Trois obstacles majeurs ont été identifiés : l’insuffisance d’outils et de matériel de travail technique, le ralentissement de l’activité parlementaire lié à l’organisation des élections législatives et communales du 11 janvier 2026, et la surcharge inhérente à la transition entre deux législatures, notamment en matière de gestion des ressources humaines.
Pour la 10ème législature, les priorités s’articulent autour de trois axes : préserver les acquis et améliorer les performances de l’institution dans ses missions constitutionnelles et administratives ; promouvoir les valeurs civiques et républicaines au sein du personnel ; et bâtir l’image d’un parlement moderne, ouvert et engage dans le développement national.
Une adoption unanime saluée par les députés
La qualité du travail présenté n’a pas manqué de susciter l’enthousiasme des représentants du peuple. Dans leur grande majorité, les députés ont chaleureusement salué la rigueur du rapport, aussi bien sur le fond que sur la forme, avant de l’adopter à l’unanimité des présents et représentés.Une consécration qui illustre l’adhésion des élus à la vision portée par leur Président, et augure d’une législature placée sous le signe de la responsabilité, de la transparence et de l’efficacité au service des Béninois.
Max Gaspard ADJAMOSSI