
Octobre Rose 2026 à l’Assemblée nationale :L’hémicycle du Palais des Gouverneurs s’est transformé, ce jeudi 8 octobre 2026, en salle de mobilisation citoyenne. A l’initiative du Réseau des femmes fonctionnaires parlementaires du Bénin (RFFP-B), l’Assemblée nationale a consacré une journée entière à la santé des femmes, dans le cadre d’Octobre Rose.
Placée sous le thème « De l’automédication à la prévention : adoptons les bons réflexes », la rencontre a réuni autorités institutionnelles, professionnels de santé et cadres administratifs au cœur même du Parlement. Un message fort : le Parlement entend protéger la vie humaine avec la même exigence qu’il met à voter la loi.
Les travaux ont été ouverts par le Secrétaire général administratif, Christel-Fourier Donkpégan, au nom du président de l’Assemblée nationale, le professeur Joseph Fifamin Djogbénou.
Briser le silence, briser l’attentisme
La présidente du RFFP-B, Vioutou Estelle Akplogan, a donné le ton en invitant l’assistance à observer une minute de silence en mémoire des femmes emportées par la maladie.
« Derrière chaque diagnostic, il y a des familles éprouvées », a-t-elle rappelé.
Elle a appelé à rompre avec l’attentisme et à abandonner le réflexe de l’autotraitement au profit de la consultation et du dépistage systématique. Une mobilisation qui s’inscrit dans la durée : elle a débuté la veille par une collecte de sang et se poursuivra sur le terrain.
Dans son allocution, Christel-Fourier Donkpégan a élevé la prévention au rang de responsabilité civique. Il a qualifié l’automédication de « menace silencieuse qui masque les symptômes et retarde les soins indispensables » et insisté : la santé des citoyens ne saurait être laissée à l’improvisation.
Il a détaillé la stratégie en trois temps portée par le Parlement :
1. La veille : don de sang,
2. Ce jour : séminaire de formation et de sensibilisation,
3. Demain : dépistage gratuit à la préfecture d’Abomey.
50% de décès à cause d’une prise en charge trop tardive
Les chiffres rappelés par le Directeur départemental de la santé de l’Ouémé, Dr Edgard Houndjo, sont alarmants : le cancer du sein demeure la première cause de mortalité par cancer chez la femme au Bénin, avec un taux de décès avoisinant les 50%, faute de diagnostic précoce.
Même alerte du côté de la préfecture. Représentant la préfète de l’Ouémé, le Secrétaire général Patrick Hinnou a dénoncé les dangers des comprimés sans ordonnance, des pommades informelles et des recettes miracles qui circulent sur les réseaux sociaux.
Le rappel est vital : détecté à un stade précoce, le cancer du sein se guérit dans plus de 90% des cas. D’où les trois réflexes martelés à la tribune : l’auto-examen régulier, la démarche volontaire de dépistage et la confiance envers la médecine conventionnelle.
Au-delà d’une campagne annuelle, l’Assemblée nationale et son administration veulent installer des réflexes durables dans les foyers, les services et les collectivités. La préfecture de l’Ouémé s’est engagée à assurer la restitution des enseignements dans l’ensemble des communes du département.
