
C’est une visite qui ne passe pas inaperçue dans les cercles sportifs béninois.David Lappartient, président de l’Union cycliste internationale (UCI), a foulé le sol de Cotonou à l’occasion de la 21ème édition du Tour cycliste international du Bénin, transformant ce rendez-vous annuel en moment diplomatique d’envergure.
Le lundi 27 avril 2026, il a été reçu en audience par le ministre des Sports, Benoît Dato pour des échanges qui ont rapidement dépassé les simples formalités de courtoisie.
Une audience entre ambitions partagées
La rencontre entre les deux hommes s’est tenue dans une atmosphère à la fois cordiale et volontariste. Si les usages protocolaires ont naturellement marqué le début de l’entretien, c’est sur le fond que la discussion a pris tout son sens. David Lappartient a tenu à le souligner lui-même au sortir de l’audience : au-delà de la politesse diplomatique, il s’agissait avant tout d’un échange de fond sur « le soutien mutuel auprès de la Fédération béninoise de cyclisme ».Pour le dirigeant français l’un des hommes les plus influents du sport mondial le déplacement au Bénin n’est pas anodin. Il témoigne de l’intérêt croissant que porte l’instance internationale au développement du cyclisme sur le continent africain, et plus particulièrement dans ce pays qui, édition après édition, consolide sa réputation d’organisateur sérieux et ambitieux.Le gouvernement béninois salué pour son engagementL’un des moments forts de l’audience a été la reconnaissance explicite, par le président de l’UCI, de l’implication des autorités béninoises en faveur de la discipline. David Lappartient a salué avec satisfaction l’engagement manifeste du gouvernement et du ministère des Sports, qu’il considère comme un levier indispensable à l’épanouissement du cyclisme local.En retour, il a réaffirmé le soutien technique et institutionnel que l’UCI entend apporter à la Fédération béninoise de cyclisme. Ce partenariat bilatéral entre une fédération nationale en développement et l’instance mondiale de gouvernance du sport constitue un atout précieux pour structurer durablement la filière : formations d’entraîneurs, mise aux normes des infrastructures, accompagnement des jeunes coureurs prometteurs.
Visas, mondiaux et intégration africaine : les vraies priorités
Au-delà des politesses institutionnelles, les discussions ont abordé un sujet aussi concret que stratégique : la question des visas pour les coureurs africains. Ce point, souvent ignoré des médias généralistes, est pourtant central dans le développement du cyclisme continental. Chaque année, des athlètes talentueux voient leur accès aux compétitions internationales compromis par des procédures administratives longues, coûteuses ou tout simplement refusées.À l’horizon se profile un enjeu de taille : les championnats du monde de cyclisme prévus au Canada. Permettre aux coureurs béninois et africains d’y participer dans les meilleures conditions exige une mobilisation en amont et l’UCI semble prête à peser de tout son poids pour faciliter ces démarches.Cette préoccupation s’inscrit dans un mouvement plus large de démocratisation du cyclisme mondial. L’Afrique, longtemps cantonnée au rang de réservoir de talents sous-exploités, revendique désormais une place plus visible sur les circuits internationaux. Le Bénin, avec son tour international et ses Guépards cyclistes, entend bien en être l’un des fers de lance.
Un prologue sous tension dans les rues de Cotonou
Arrivé dès dimanche à Cotonou, David Lappartient a pu vivre de l’intérieur la ferveur qui entoure cette 21ème édition. Le coup d’envoi officiel, donné le lundi avec un prologue disputé dans les artères de la capitale économique, a offert un spectacle haletant aux nombreux spectateurs massés le long du parcours.Cette mise en bouche chronométrée, discipline reine du cyclisme de vitesse pure, a donné le ton d’une édition qui s’annonce d’ores et déjà historique. Coureurs locaux et concurrents internationaux se retrouvent pour plusieurs jours de compétition intense à travers le pays une vitrine sportive de premier plan pour le Bénin.
Le Tour cycliste du Bénin, un rendez-vous qui grandit
En vingt et une éditions, le Tour cycliste international du Bénin s’est imposé comme l’une des épreuves de référence du calendrier cycliste africain. Sa longévité témoigne d’une organisation solide et d’une passion populaire authentique pour la petite reine. La présence du président de l’UCI à Cotonou pour son lancement constitue une reconnaissance symbolique forte : ce tour n’est plus seulement une compétition régionale il ambitionne de rayonner à l’échelle du continent et au-delà.Pour les Guépards cyclistes béninois, cette édition 2026 revêt une signification particulière. Portés par leur public, bénéficiant d’un soutien institutionnel renouvelé et d’un regard bienveillant de l’instance mondiale, ils abordent les étapes avec l’espoir de marquer l’histoire de leur sport national
.Alexis DEGILA