DÉSIGNATION DES CHEFS DE VILLAGE OU DE QUARTIER DE VILLE : La Cour suprême saisie de 35 recours

La bataille pour le contrôle de la base de la gouvernance locale n’est pas terminée. Après la publication par la Commission électorale nationale autonome (CENA) de la liste des localités où les partis majoritaires sont habilités à désigner les chefs de village ou de quartier de ville, la Cour suprême vient d’être saisie de 35 nouveaux recours électoraux.L’information a été confirmée par des sources proches de la haute juridiction administrative, seule habilitée à connaître du contentieux des élections locales.

Une répartition qui fait grincer des dents

Le 9 juillet 2026, la CENA a rendu publique sa décision fixant la liste des localités dans lesquelles les partis Union Progressiste le Renouveau (UP-R) et Bloc Républicain (BR) sont habilités à désigner les chefs de village ou de quartier de ville, sur la base des résultats des élections communales de 2026. 

Cette décision, qui s’appuie sur les dispositions de l’article 201 du Code électoral, précise que le parti arrivé en tête dans une localité dispose du droit de proposer le chef de village ou de quartier de ville, avant nomination par l’autorité compétente. 

Au total, sur les 5 295 localités recensées sur l’ensemble du territoire national, la CENA a attribué 2 919 localités à l’UP le Renouveau et 2 376 au Bloc Républicain. Un partage qui officialise la carte politique issue des communales du 11 janvier 2026, en tenant compte des éventuelles décisions de rectification intervenues après le contentieux. C’est précisément cette répartition qui est aujourd’hui contestée.

35 contestations sur le calcul des majorités

Selon nos informations, les 35 recours introduits devant la Chambre administrative de la Cour suprême portent pour l’essentiel sur des erreurs alléguées dans le décompte des suffrages au niveau des villages et quartiers, des inversions de résultats entre les deux partis de la mouvance, et la non-prise en compte de décisions de la Cour dans certains arrondissements.

Plusieurs requérants, soutenus par des sections locales des deux partis, estiment que la CENA aurait attribué à tort certaines localités à un parti alors que l’autre était majoritaire à l’issue du scrutin.Pour d’autres plaignants, notamment des conseillers communaux ou des candidats malheureux aux fonctions de chef local, la publication de la CENA intervient alors que des contentieux sur les résultats communaux seraient encore pendants.

La Cour suprême devra, dans les prochaines semaines, examiner la recevabilité de ces 35 recours avant de statuer sur le fond. Comme lors des six premiers recours déjà enregistrés en janvier 2026 pour les communales, elle devra dire si la répartition opérée par la CENA est conforme au Code électoral.

En attendant, le document a été transmis aux autorités compétentes, notamment au ministre chargé de la Gouvernance locale ainsi qu’aux préfets, pour la suite de la procédure. Mais la désignation effective des 5 295 chefs de village et de quartier de ville pourrait connaître un nouveau ralentissement, le temps que la Cour suprême vide son rôle. 

Une situation qui illustre une fois de plus la sensibilité extrême de ce dernier échelon de la décentralisation, véritable porte d’entrée de l’État dans chaque hameau du Bénin.

Max ISHOLA

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