
Trente défenseuses des droits humains venues de huit pays d’Afrique de l’Ouest francophone se sont retrouvées à Porto-Novo du 13 au 15 juillet 2026 pour « Advocacy Nexus », un atelier régional conçu par le Réseau des Femmes Leaders pour le Développement (RFLD), Observateur N°553 auprès de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP).
Pensé comme un sanctuaire stratégique de trois jours, l’atelier a réuni des activistes venues du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée, du Mali, du Niger, du Sénégal et du Togo . Ensemble, ces déléguées de vingt organisations ont travaillé sur trois axes complémentaires : la maîtrise des outils numériques de plaidoyer, la sécurité numérique et physique des défenseuses, et la construction de coalitions transfrontalières capables de réagir rapidement en cas de risque.

La cérémonie d’ouverture a été marquée par l’allocution inaugurale de l’invité d’honneur, le Rapporteur spécial de la CADHP sur les défenseur·es des droits humains, Hon. Remy Ngoy Lumbu, venu rappeler le mandat continental de protection des défenseuses et les attentes portées sur cette cohorte.
Les organisatrices justifient l’urgence de la démarche par un constat préoccupant : plus de la moitié des défenseuses ouest-africaines auraient subi des violations directes en 2024-2025, dans un contexte marqué par la multiplication des coupures Internet, le durcissement des législations antiterroristes et la montée de discours néo-traditionalistes cherchant, selon le RFLD, à invisibiliser les voix féministes.
Trois jours durant, les participantes ont alterné séances techniques chiffrement des communications, usage de Signal et ProtonMail, configuration de VPN, gestion du doxxing et du harcèlement en ligne et travaux stratégiques sur la cartographie des décideurs, les campagnes panafricaines et la construction de contre-narratifs. Un axe entier a été consacré à l’articulation avec les mécanismes africains et onusiens de protection : CADHP, CEDEAO, Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur les défenseur·es des droits humains.

L’atelier s’inscrit dans le projet phare AIHRDFWA (Afrofeminist Initiative for Human Rights Development in Francophone West Africa), mené par le RFLD sur la période 2025-2028 et financé par le Ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ), avec l’appui de la coopération allemande GIZ. Le RFLD précise avoir pris en charge l’intégralité des frais des participantes, aucune d’entre elles ne supportant de coût lié à sa venue.
Le suivi de cette cohorte est prévu sur douze mois, à travers des appels réguliers et une communauté d’entraide connectée par une application chiffrée, afin que les apprentissages engrangés à Porto-Novo se traduisent en capacités de riposte durables sur le terrain.
