ADOPTION D’UN NOUVEAU CODE DES FORETS ET DE LA FAUNE AU BÉNIN : Le député Charlemagne Yankoty a salué un texte qu’il qualifie de véritable « bouclier écologique »

 Le député Charlemagne Yankoty 

À l’occasion du vote de la loi portant Code des forêts et de la faune en République du Bénin, le député Charlemagne Yankoty a salué un texte qu’il qualifie de véritable « bouclier écologique » pour le pays. Face à la dégradation accélérée du couvert forestier béninois entre braconnage et transhumance incontrôlée dans le Nord, et pression foncière, urbanisation et déforestation liée au charbon de bois dans le Sud et le Centre  le parlementaire a mis en avant quatre avancées majeures du texte : la militarisation de la police forestière, la reconnaissance légale des forêts sacrées, l’introduction de la foresterie urbaine, et l’instauration d’un mécanisme de déclassement compensatoire fondé sur le principe de « zéro perte nette de forêt ». Il en a profité pour saluer l’initiative du Chef de l’État Romuald Wadagni et de son gouvernement.

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« Le Code des forêts et de la faune que nous venons de voter est un texte de survie nationale. C’est le bouclier écologique dont notre pays, le Bénin, a urgemment besoin face à un péril silencieux mais dévastateur : la dégradation accélérée de notre couvert forestier et de notre riche biodiversité. Regardons notre pays en face. Nos forêts ne reculent pas. Elles s’effondrent sous le poids de la pression anthropique. Dans le Nord de notre pays, nos parcs nationaux et nos réserves fauniques subissent les assauts répétés du braconnage lourd et des transhumances incontrôlées, sur fond de crises sécuritaires transfrontalières.Dans le Sud et le Centre, la quête effrénée de terres agricoles pour nos cultures de rente, l’urbanisation galopante à Cotonou, Abomey-Calavi, Porto-Novo et dans plusieurs autres villes, la recherche quotidienne du charbon de bois détruisent nos mangroves et nos galeries forestières. Nos cours d’eau tarissent. Nos sols s’érodent et les températures grimpent révelant ainsi l’impact tangible des effets du changement climatique. Face à cette urgence, le Gouvernement a pris ses responsabilités. Et en tant que législateur. Je voudrais ici saluer le courage politique et la vision prospective du Chef de l’État et de son équipe. Cette loi apporte des réponses concrètes et novatrices qui méritent les félicitations et le soutien total de notre Parlement et de ceux que nous représentons (…) Aussi, voudrais-je mettre en lumière quatre innovations majeures de cette nouvelle loi. Premièrement, il y la militarisation indispensable de notre police forestière. Ici, le Gouvernement a courageusement acté le passage des fonctionnaires des Eaux, Forêts et Chasse du statut de force de sécurité publique à celui de forces de défense et de sécurité et assimilées. C’est une reconnaissance méritée pour ces hommes et ces femmes qui tombent parfois sous les balles de criminels armés ou de braconniers dans le complexe WAP. En leur donnant les moyens juridiques et opérationnels de se défendre aux côtés de nos forces armées, le Gouvernement sécurise nos frontières tout en protégeant notre patrimoine faunique. Deuxièmement, il y a la sanctuarisation de nos « Forêts Sacrées ». Sur ce point est pour la première fois dans l’histoire législative de notre pays, le Gouvernement donne un statut légal clair et protecteur à nos forêts sacrées. Ces îlots de biodiversité, gérés depuis des siècles par nos dignitaires et gardiens de nos traditions, étaient menacés par l’accaparement des terres et la spéculation foncière. En permettant leur incorporation dans le domaine permanent des communes, tout en respectant nos us et coutumes, le Gouvernement réconcilie avec brio la science écologique moderne et notre identité culturelle endogène. C’est une victoire pour notre patrimoine matériel et immatériel ! Troisièmement, il y a l’intégration pionnière de la « Foresterie Urbaine ». En effet , nos villes étouffent. Nos enfants grandissent dans le béton et sous une chaleur accablante. Parfois, les conseils communaux de nos grandes villes ne perçoivent pas l’urgence. En inscrivant la foresterie urbaine dans la loi et en obligeant nos Communes à concevoir des plans de reboisement urbain et des aménagements paysagers, le Gouvernement prépare les villes béninoises de demain. Il s’agit là d’une innovation majeure, qui fait du Bénin un modèle de planification urbaine verte et résiliente face aux changements climatiques. Quatrièmement, je note le mécanisme vertueux du déclassement compensatoire. Pendant trop longtemps, des forêts classées ont été sacrifiées sur l’autel de projets d’infrastructures sans aucune contrepartie réelle. Désormais, le Gouvernement impose une règle d’or : pas de déclassement sans un reboisement compensatoire préalable d’une superficie au moins égale ou supérieure, d’un seul tenant, et entièrement aux frais du bénéficiaire. C’est le principe du « zéro perte nette de forêt » qui s’impose enfin à tous (…) En définitive, je puis dire que cette loi est équilibrée. Elle protège les forêts sans exclure les populations locales, à travers la promotion des forêts communautaires et la clarification des droits d’usage. Elle trace la route vers un Bénin vert, fier de ses traditions, fort de ses institutions et résilient face à l’avenir.. »

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