ATELIER NATIONAL D’EVALUATION DES ÉLECTIONS GÉNÉRALES DE 2026 : La CENA dresse le bilan à Parakou

La Commission Électorale Nationale Autonome (CENA) ouvre ce dimanche 1er juin 2026 à Parakou un atelier national d’évaluation des élections générales tenues cette année au Bénin. Pendant cinq jours, la cité des Kobourou accueillera l’ensemble des acteurs du processus électoral pour tirer les leçons de l’organisation et de la gestion des scrutins législatifs, communaux et présidentiel de 2026.

 Un cycle électoral historique à passer au crible

Le Bénin a traversé cette année un cycle électoral particulièrement dense, marqué par trois scrutins majeurs organisés en quelques mois. Les élections législatives se sont tenues le 11 janvier 2026 pour renouveler les 109 sièges de l’Assemblée nationale, avec un taux de participation de 36,73 %.  La présidentielle, quant à elle, a mobilisé un corps électoral de près de 7,9 millions d’inscrits, répartis dans 112 centres de vote et 17 462 postes de vote à travers le pay, avant que Romuald Wadagni ne s’impose avec 94 % des suffrages, avec un taux de participation de 58,75 %.

Ce cycle s’est par ailleurs inscrit dans un contexte institutionnel inédit, marqué par la révision constitutionnelle de novembre 2025, qui a notamment allongé le mandat présidentiel et parlementaire de cinq à sept ans et instauré une chambre haute du Parlement, le Sénat.

Objectifs : bilan, acquis et recommandations

L’ambition affichée par la CENA est de mener une analyse sans complaisance du déroulement de ces consultations. À travers ce diagnostic participatif, l’institution souhaite mettre en lumière les forces et avancées enregistrées, mais aussi identifier avec précision les dysfonctionnements et les défis opérationnels observés sur le terrain.

Les travaux s’articuleront autour de plusieurs thématiques clés : le cadre juridique des élections, la gestion du contentieux électoral, le recrutement et la formation des agents, la logistique, la sécurisation du processus, ainsi que le rôle croissant du numérique. Des groupes de travail approfondiront des sujets plus spécifiques, notamment la qualité de la Liste Électorale Informatisée (LEI), la gestion des candidatures, et la centralisation des résultats.

 Une institution engagée dans la modernisation

L’atelier de Parakou s’inscrit dans la continuité d’une dynamique de modernisation portée par la CENA tout au long du cycle électoral. Sous la conduite de son président Sacca Lafia, l’institution a lancé une plateforme de formation en ligne sur le cadre juridique des élections et numérisé le processus de parrainage via la plateforme e-parrainage, renforçant ainsi transparence et efficacité. La CENA avait également déployé la plateforme numérique eDéclaration pour la gestion en ligne des candidatures, et avait réuni les partis politiques pour leur en présenter les fonctionnalités. Sur le volet de la liste électorale, la Liste Électorale Informatisée (LEI) regroupe l’ensemble des citoyens béninois remplissant les conditions légales pour exercer leur droit de vote lors des différents scrutins. Sa transmission à la CENA par l’ANIP en novembre 2025 a été saluée comme un acte d’engagement en faveur de la qualité et de l’intégrité des données électorales.

Enfin, après le scrutin présidentiel, la CENA avait tenu une séance de travail avec plusieurs missions d’observation électorale internationales pour recueillir leurs rapports, constituant ainsi les premières évaluations formelles issues de l’observation indépendante du vote. Ces documents alimenteront utilement les travaux de Parakou.

Un rapport pour tracer la feuille de route

 Les conclusions de ces cinq journées de réflexion feront l’objet d’un rapport général exhaustif, assorti de recommandations stratégiques et opérationnelles, qui sera soumis à la validation et à la publication officielle du Conseil électoral, traçant ainsi la feuille de route des futures consultations électorales au Bénin.

) La cérémonie d’ouverture sera marquée par les allocutions des autorités locales et du président de la CENA, Sacca Lafia, avant le démarrage effectif des travaux.

Max ISHOLA

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