PRÉSIDENTIELLE D’AVRIL 2026 AU BÉNIN : Les policiers mis à la retraite d’office soutiennent le duo WADAGNI-TALATA (Ils se félicitent des reformes engagées par le Président TALON)

Le samedi 7 mars 2026, à Cotonou, le Collectif des Fonctionnaires de la Police républicaine retraités d’office a rendu public une déclaration retentissante. Ces anciens agents, mis à la retraite avec effet immédiat le 22 janvier 2024, ont annoncé leur soutien indéfectible aux réformes du Président Patrice TALON et apporté leur caution à la candidature de Romuald WADAGNI pour la présidentielle d’avril 2026. Un retournement de situation aussi inattendu que symbolique.

Une mise à la retraite vécue comme un chocJanvier 2024.

Une décision tombe comme un couperet: des dizaines de fonctionnaires de la Police républicaine sont mis à la retraite d’office, avec effet immédiat au 1er février. Pour beaucoup,c’est un séisme.Des carrières longues de plusieurs décennies s’arrêtent brutalement.La mesure, inscrite dans la logique de réforme structurelle du gouvernement TALON, vise à injecter une nouvelle dynamique de performance dans les rangs de la sécurité publique. Elle est pourtant vécue, dans un premier temps, comme une injustice.« Notre mise à la retraite d’office fut initialement une épreuve douloureuse, voire incomprise »,reconnaissent les membres du collectif dans leur déclaration. Mais le temps a fait son œuvre. Et avec lui, une relecture.

La reconversion comme révélation

Deux ans après, le tableau est différent. D’anciens policiers se sont reconvertis en consultants internationaux, entrepreneurs, formateurs ou experts en sécurité. Certains sont même devenus des acteurs politiques.Ce cheminement, disent-ils, leur a ouvert les yeux sur une réalité qu’ils n’avaient pas voulu voir : dans les pays développés, la reconversion professionnelle n’est pas une exception, c’est une nécessité.« Ce que nous prenions pour un mal au départ est en réalité le plus grand bien qu’on pouvait nous faire au cours de notre carrière qui tendait déjà à sa fin », affirment-ils. Une formule qui résume à elle seule un parcours psychologique singulier : de la résistance à l’adhésion, du ressentiment à la conviction.« Ayant transformé notre amertume initiale en adhésion totale, nous nous portons volontaires pour accompagner la continuité de cette œuvre de reconstruction nationale. »

Un bilan du règne TALON jugé positif

Dans leur déclaration, les anciens policiers dressent un bilan laudatif de la décennie TALON. Infrastructures routières, marchés internationaux, cité ministérielle, réformes judiciaires, lutte contre la corruption : autant de chantiers que le collectif salue comme des transformations irréversibles.«Aucun Béninois de bonne foi ne peut dire sans gêne de conscience que notre pays n’est pas désormais sur orbite », soulignent-ils.En tant qu’anciens experts de la sécurité, ils accordent une attention particulière à la Police républicaine, née des réformes institutionnelles du gouvernement. Ils saluent l’amélioration des moyens matériels, le recrutement massif de nouveaux agents, la lutte contre les faux médicaments, les trafics de stupéfiants, les fraudes fiscales, et ce qu’ils décrivent comme une culture renforcée du professionnalisme.

WADAGNI, « dauphin mérité » pour 2026

Le cœur politique de la déclaration porte sur la candidature de Romuald WADAGNI, actuel ministre d’État chargé de l’Économie et des Finances. Le collectif voit en lui le garant naturel de la continuité du projet TALON.« Son expérience, son expertise et son engagement constant aux côtés du Président de la République en font un candidat crédible,sérieux et légitime », affirment-ils, allant jusqu’à le qualifier de « dauphin mérité ».L’engagement du collectif ne s’arrête pas aux mots.Ses membres promettent de mobiliser leurs réseaux, de mettre leurs compétences à disposition, et de contribuer à « l’obtention d’une adhésion massive de la population » pour le scrutin du 12 avril 2026.

Une réconciliation symbolique, un signal politique fort

Au-delà du contenu, c’est la démarche elle-même qui interpelle.Que des agents écartés de la fonction publique dans des conditions abruptes choisissent, deux ans plus tard, de rallier publiquement et bruyamment le camp du pouvoir constitue un signal politique que les observateurs de la vie politique béninoise ne manqueront pas de décrypter.Pour le gouvernement TALON et pour la future campagne de WADAGNI, ce soutien venu de ceux qui auraient pu être des adversaires représente un atout symbolique et narratif. Il illustre, ou du moins cherche à illustrer, que les réformes même douloureuses peuvent finalement être acceptées et même revendiquées comme bénéfiques par ceux qui en ont subi les effets directs.Reste à savoir si ce ralliement, incontestablement médiatique, trouvera un écho auprès d’une population béninoise plus large, à quelques semaines d’un rendez-vous électoral majeur.

Max ISHOLA

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