
Ce vendredi 6 mars 2026, à la veille de la Journée internationale des droits de la femme, le Réseau des Femmes Fonctionnaires Parlementaires du Bénin (RFFP-B) a choisi de marquer l’événement autrement. Plutôt que de se limiter aux célébrations habituelles, le réseau a organisé une grande collecte de sang sur deux sites du Parlement, mobilisant fonctionnaires, militaires, civils et étudiants autour d’une cause vitale. Un premier geste fort pour sa nouvelle présidente, Vioutou Estelle AKPLOGAN.
Célébrer la femme en sauvant des vies
Le thème retenu cette année pour la Journée internationale des droits de la femme « Droits. Justice. Action. Pour toutes les femmes et les filles » a manifestement inspiré les responsables du RFFP-B dans leurs choix. Plutôt que de se contenter des festivités traditionnelles, le réseau a décidé de donner à cette édition 2026 un visage concret et humanitaire : celui du don de sang.Dès la matinée, l’antenne de la transfusion sanguine de l’Ouémé s’est installée sur deux sites : le lieu de rapport du groupe de sécurité de l’Assemblée nationale et la salle Adrien HOUNGBEDJI. Les donneurs se sont succédés tout au long de la matinée dans une ambiance de solidarité, au profit des banques de sang dont les stocks sont, selon les responsables médicaux, à des niveaux alarmants.Le lancement de l’opération s’est déroulé en présence du Dr William HOUNDJO, Directeur départemental de la santé de l’Ouémé, du Dr Fresnel HOUNKPE, Directeur du centre médico-social de l’Assemblée nationale, et de Victor ADETOLA, chef d’antenne de la transfusion sanguine de l’Ouémé. »Dans nos banques de sang, l’alerte est alarmante »Prenant la parole devant les donneurs, Vioutou Estelle AKPLOGAN, présidente du RFFP-B, a d’abord tenu à remercier le Professeur Joseph Fifamin DJOGBENOU, Président de l’Assemblée nationale, pour son implication personnelle dans la réussite de l’événement et son soutien constant à l’épanouissement des femmes fonctionnaires parlementaires. Elle a également salué les équipes de l’antenne de transfusion sanguine, l’Association des donneurs de sang de l’Ouémé, ainsi que les responsables et étudiants de l’ISM Adonai de Porto-Novo.« Donner son sang, c’est sauver la vie. C’est sauver une femme enceinte, c’est sauver un accidenté. C’est pourquoi nous avons voulu donner un cachet particulier à cette édition 2026, au-delà des manifestations festives, car dans nos banques de sang, l’alerte est alarmante. » a en précisé Vioutou Estelle AKPLOGAN, présidente du CA du RFFP-B.
Une mobilisation au-delà des attentes
Pour une première activité à la tête du réseau, Vioutou Estelle AKPLOGAN n’aurait pu espérer meilleur départ. La mobilisation a largement dépassé les prévisions initiales, avec une participation venue de milieux très divers : personnel fonctionnaire parlementaire, militaires, civils, et surtout les étudiants de l’ISM Adonai de Porto-Novo, conduits par leur Directeur des études, Oluwa-Tobi Emmanuel ABIALA, qui s’est déplacé en masse.« Il y a trop de pesanteurs socioculturelles qui entourent le don de sang au Bénin, et ce n’est pas gagné d’avance », a reconnu la présidente. « Mais je suis comblée au-delà de mes attentes. » Avant le début des prélèvements, quelques mots de sensibilisation avaient été adressés aux étudiants mobilisés, pour lever les appréhensions et expliquer l’importance du geste. La journée a permis de remplir plusieurs dizaines de poches de sang, désormais disponibles pour les banques de sang du département.
En clôturant son intervention, Vioutou Estelle AKPLOGAN a lancé un appel vibrant à la jeunesse béninoise : « Que chacun devienne un éveilleur de conscience dans son environnement immédiat pour cette cause noble et commune. »
Une poche de sang, trois vies sauvées
Ahmed AKAMBI, président communal des donneurs de sang de Porto-Novo, a profité de l’occasion pour déconstruire les idées reçues et mettre en lumière les bénéfices du don de sang, y compris pour le donneur lui-même.Il a d’abord rappelé qu’une seule poche de sang peut sauver jusqu’à trois vies humaines, grâce au processus de fractionnement : après analyse, la poche est séparée en trois composants distincts les plaquettes sanguines, le plasma et le sérum chacun pouvant être utilisé pour traiter un patient différent.Autre avantage souvent méconnu : deux à trois semaines après le don, le donneur reçoit les résultats d’analyse de sa poche, lui offrant ainsi un bilan de santé gratuit. « Celui qui donne son sang se rajeunit et bénéficie d’une récompense divine, car des vies humaines sont sauvées », a-t-il conclu, sous les applaudissements.
