
Le Président de la République, Romuald Wadagni, a reçu en audience le mardi 28 juillet 2026 au Palais de la Marina, l’homme d’affaires nigérian Aliko Dangote. La rencontre, annoncée comme une prise de contact économique de haut niveau, s’inscrit dans la nouvelle dynamique diplomatique et économique impulsée depuis l’investiture du nouveau chef de l’Etat.
Élu avec plus de 94% des voix à la présidentielle du 12 avril et officiellement investi le 24 mai 2026, Romuald Wadagni a succédé à Patrice Talon après une décennie de pouvoir. Expert-comptable de formation, né en 1976 à Lokossa et ancien ministre des Finances, il est présenté comme le président du boom économique béninois. Depuis son arrivée, il multiplie les signaux en direction des voisins immédiats avec ce qu’il qualifie de diplomatie de voisinage active.
Face à lui, l’homme le plus riche d’Afrique, Aliko Dangote, patron de Dangote Industries. Le milliardaire n’est pas un inconnu à Cotonou. Ces dernières années, il a déjà souligné l’importance de renforcer les liens économiques entre le Bénin et le Nigeria, deux pays voisins qui partagent des intérêts économiques communs, et affirmé que son groupe est prêt à investir dans des secteurs clés de l’économie béninoise pour stimuler la croissance.
Selon des sources proches de la présidence, les discussions ont porté sur des opportunités concrètes d’investissement susceptibles de contribuer au développement des deux pays. Le secteur énergétique figure en tête des priorités. Un projet de construction d’une centrale électrique de 200 MW avait déjà été évoqué lors d’une précédente visite, avec un mémorandum signé en ce sens. Le dossier répond directement à la volonté affichée par les autorités béninoises de faire de l’autonomie énergétique le principal levier de développement.
Autre secteur stratégique : le ciment et les matériaux de construction. L’usine d’Ibese de Dangote n’est qu’à 28 km de la frontière béninoise, mais le Bénin a jusqu’ici restreint les importations pour protéger ses industries locales. L’arrivée d’un partenariat industriel local pourrait changer la donne.
Pour Aliko Dangote, dont la fortune est estimée à plus de 13 milliards de dollars grâce au ciment, à l’agroalimentaire et à sa méga-raffinerie de 20 milliards de dollars lancée en 2024, le Bénin représente une porte d’entrée logistique vers l’hinterland ouest-africain et un marché en forte croissance.
Pour Romuald Wadagni, dont les priorités de mandat sont axées sur la consolidation de la croissance et l’attractivité du pays, cette rencontre envoie un signal fort aux investisseurs : le Bénin reste ouvert aux grands groupes panafricains, dans une logique de co-investissement et de transformation locale.
Max Gaspard ADJAMOSSI
