La commune de Porto-Novo a accueilli, dans l’après-midi du lundi 31 août 2026, la préfète du département de l’Ouémé, Dr Marie Akpotrossou, à la maison des jeunes de Djègan-Kpèvi, dans le cadre de sa tournée statutaire. La rencontre s’est déroulée en présence des autorités préfectorales, des membres de la conférence administrative départementale, des autorités communales, des têtes couronnées et d’un nombreux public.
Les préoccupations des populations relayées par les élus
Comme le veut la tradition de ces rencontres, la parole a été donnée aux populations après l’intervention de la préfète et les exposés des autorités communales. Le chef quartier Lucien Adjibi s’est fait le porte-voix des habitants sur les questions de santé, interrogeant notamment la disponibilité d’un scanner au Centre hospitalier universitaire départemental (CHUD) de l’Ouémé, le coût de l’oxygène dans cette structure, ainsi que la mise en œuvre des mesures prises par le gouvernement du président Wadagni dans le secteur sanitaire.

Pour répondre, la préfète Marie Akpotrossou a donné la parole au directeur départemental de la santé de l’Ouémé, Edgar William Houndjo, ainsi qu’au directeur général du CHUD-Ouémé, Dr Évèho Alotchéhou Philéas Hounnou.Le DDS salue les réformes du gouvernement
Prenant la parole en premier, le DDS William Houndjo a tenu à remercier le gouvernement et son chef, le président Patrice Talon, pour les mesures urgentes prises dans le domaine de la santé, qu’il a qualifiées de « très bonnes mesures » venues soulager les peines et les souffrances des populations.
Le scanner du CHUD-Ouémé, une réalité méconnue du public
Prenant la relève, le directeur général du CHUD-Ouémé, Dr Hounnou, a présenté aux populations, apparemment mal informées, les nouveaux tarifs appliqués.
Il a d’abord corrigé une méconnaissance largement répandue : contrairement à une idée reçue, le CHUD-Ouémé dispose bel et bien d’un scanner, identique à celui du CNHU.
« Le scanner qui est au CNHU est le même qui est ici à Porto-Novo. C’est le même scanner, 64 barrettes, 128 coupes », a-t-il précisé.
Sur le plan tarifaire, il a indiqué que l’examen coûte désormais 50 000 francs CFA au CHUD-Ouémé, contre 80 000 francs ailleurs. Un tarif préférentiel de 45 000 francs est même appliqué en cas d’urgence, notamment pour les patients victimes d’AVC, afin de permettre une prise en charge rapide.
Une baisse spectaculaire du coût de l’oxygène
C’est cependant sur la question de l’oxygène que l’annonce la plus attendue a été faite. Le DG Hounnou a rappelé qu’auparavant, le tarif s’élevait à 5 000 francs CFA par heure, soit 120 000 francs par jour et jusqu’à 1 200 000 francs pour dix jours – une somme jugée difficilement supportable pour de nombreuses familles.
Grâce à l’appui du gouvernement, qui a doté l’hôpital d’une unité de production d’oxygène, et en concertation avec le DDS, le ministère de la Santé et la préfète, de nouveaux tarifs nettement réduits ont été mis en place selon les tranches d’âge :
- Nouveau-nés (0 à 28 jours) : 5 000 francs CFA pour toute la durée du traitement, quelle que soit sa durée.
- Enfants (jusqu’à 15 ans) : 10 000 francs CFA, quelle que soit la durée du traitement (3, 4 ou 5 mois).
- Adultes et Personnes âgées : 25 000 francs CFA par jour, soit 250 000 francs pour dix jours, contre 1 200 000 francs précédemment soit une réduction de 950 000 francs.
Le directeur général a toutefois reconnu que des difficultés subsistent pour les patients admis en réanimation, dont la prise en charge nécessite des appareils respiratoires plus coûteux. Une réduction de 2 000 francs a néanmoins été appliquée, ramenant le tarif à 3 000 francs CFA par heure en réanimation.
Un appel à mieux informer la population
En clôturant son intervention, le DG Hounnou a insisté sur l’importance, pour les populations, de contribuer symboliquement aux soins de leurs proches tout en bénéficiant de ces tarifs allégés, et a exprimé sa gratitude envers le gouvernement, le ministère de tutelle et la préfète de l’Ouémé pour leur accompagnement.
Cette étape de Porto-Novo a ainsi permis de dissiper plusieurs incompréhensions autour de l’offre sanitaire départementale et de rappeler aux populations de l’Ouémé l’existence de dispositifs conçus pour alléger le coût des soins, notamment pour les catégories les plus vulnérables.
