
Une délégation marocaine de la Commission Indépendante des Droits de l’Homme (CIDH AFRICA), conduite par son Directeur exécutif, M. Moulay Lahsen Naji, s’est rendue à Cotonou, au Bénin, dans le cadre de sa participation au Forum social mondial 2026. Cette mission avait pour objectif de renforcer le dialogue avec les acteurs de la société civile africaine et européenne et d’ouvrir de nouvelles perspectives de coopération autour des droits humains, de la jeunesse et du développement.

Un dialogue renforcé avec la société civile
Tout au long de son séjour, la délégation a multiplié les rencontres avec des organisations de la société civile venues de plusieurs pays africains et européens. Ces échanges ont permis de présenter les activités de CIDH AFRICA et d’aborder des problématiques communes : la protection des droits humains, la jeunesse, l’éducation, le développement et la coopération entre acteurs du continent. Des contacts ont été établis afin de poursuivre les discussions au-delà du Forum, avec l’ambition de mettre en place des formations, des rencontres à distance et des projets communs. La dimension institutionnelle n’a pas été négligée : la délégation s’est également rendue auprès des autorités de la commune d’Ifangni, où elle a échangé sur les réalités locales et les possibilités de coopération, jetant ainsi les bases de futures initiatives communes.

Un atelier consacré aux enfants soldats
Parmi les temps forts de la mission figurait un atelier sur une question particulièrement sensible : le recrutement et l’utilisation des enfants dans les conflits armés. Les échanges ont rappelé que ce phénomène ne peut être expliqué par une seule cause : pauvreté, déplacements forcés, instabilité, manque d’accès à l’éducation et fragilité des structures familiales rendent les enfants vulnérables, une vulnérabilité que les groupes armés exploitent dans certains contextes de conflit. La délégation a insisté sur le rôle central de l’éducation dans la prévention. L’enfance étant une période clé de construction des valeurs et des comportements, un environnement marqué par la violence peut détourner un enfant de son parcours éducatif et l’entraîner vers la violence. Si le droit international offre une protection particulière aux enfants contre leur recrutement, les normes juridiques doivent être accompagnées de mesures concrètes sur le terrain. La prévention doit ainsi commencer en amont, à travers l’accès à une éducation de qualité, la lutte contre la pauvreté, le soutien aux familles vulnérables et le renforcement des mécanismes de protection dans les zones fragiles. Pour CIDH AFRICA, protéger l’enfance, c’est avant tout protéger l’avenir d’un continent où la jeunesse représente une part essentielle de la population.

Le Projet Atlantique, un enjeu de connectivité et de coopération
Le second atelier animé par la délégation portait sur le Projet Atlantique et ses perspectives pour le continent africain, envisagé sous l’angle de la connectivité, du développement et du renforcement des liens entre pays africains. Dans un continent marqué par de grandes distances géographiques mais aussi par des défis communs, l’amélioration des infrastructures et des échanges peut faciliter le commerce, les investissements, la circulation des personnes et l’émergence de nouveaux partenariats. L’ouverture atlantique de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest leur confère à cet égard une position stratégique. Les discussions ont toutefois souligné que cette coopération ne saurait se limiter aux infrastructures et aux échanges commerciaux : elle doit aussi comporter une dimension humaine, en créant des opportunités pour les populations, et en particulier pour les jeunes. Formation, emploi, entrepreneuriat et mobilité des jeunes ont ainsi été identifiés comme des leviers essentiels d’une coopération durable, permettant aux jeunes Africains de participer pleinement aux projets qui façonnent leur avenir.
Au-delà de sa participation aux activités du Forum, la délégation marocaine a engagé un dialogue direct avec de nombreux acteurs de la société civile et des institutions locales, notamment à travers sa rencontre avec les autorités d’Ifangni. Cette mission a permis de créer de nouvelles relations, de renforcer les réseaux de coopération et d’identifier plusieurs pistes de travail communes. Cette présence à Cotonou illustre la volonté de CIDH AFRICA de renforcer le dialogue entre les sociétés civiles africaines et de contribuer à des partenariats fondés sur les droits humains, la jeunesse, la formation et le développement. Les contacts établis durant le Forum constituent désormais une base solide pour transformer les échanges menés à Cotonou en initiatives concrètes.
