
Le BENIN, depuis la Conférence des forces vives de la Nation en 1990, s’est donné un système politique basé sur l’alternance au sommet de l’Etat. De façon alternative, les présidents se succèdent. Ainsi, à la fin de son dernier mandat constitutionnel, le président TALON a convoqué le corps électoral pour choisir le nouveau président du BENIN. Aux termes des tractations électorales et politiques, M. Romuald WADAGNIN a été élu président de la République. La passation des charges entre les présidents sortant et entrant a eu lieu le dimanche 20 mai 2026. Dans la soirée de cette journée, le nouveau président a sorti son gouvernement. On a constaté certains réajustements dénominatifs. Par exemple, le MINISTERE DES ENSEIGNEMENTS SECONDAIRE DE LA FORMATION TECHNIQUE ET PROFESSIONNELLE, anciennement appelé sous cette dénomination s’est vu coupé une partie. La formation technique est désormais sous le contrôle de l’Enseignement Supérieur et la formation professionnelle est sous la tutelle du ministère des petites et moyennes entreprises. Dans le même temps, le président a élargi les charges du ministère des sports avec l’ENGAGEMENT CIVIQUE.
Personnellement j’étais très ravi de cette nouvelle trouvaille politique. En effet, l’Engagement civique, indispensable pour la bonne marche de l’Etat, s’avère aujourd’hui plus nécessaire que jamais, car notre pays traverse une crise éducative. Les parents, jadis, savaient commander à leurs enfants qui leur obéissaient. Cela explique le comportement des uns envers les autres. L’autorité familiale connaît un net fléchissement. Il s’agit de la cause principale des pr atiques immorales que nous vivons dans notre pays (la dépravation des mœurs, la débauche, la violence, la toxicomanie, la cybercriminalité, la banalisation de la République). C’est simplement la détérioration des valeurs éthiques et morales de notre société. Il s’agit de ce qu’Emile DURKHEIM appelait « l’anomie ». A travers ce réajustement, le président a touché de doigt l’un des maux qui minent notre pays. Le diagnostic est posé ; le remède est trouvé (éducation civique). Il reste simplement à définir les mécanismes d’application.
Excellence, nous n’avons pas des qualités pour vous conseiller. Vous travaillez déjà avec des éminents spécialistes de la chose éducative. Mais nous suggérons ceci : pour plus de visibilité, l’engagement civique doit être rattaché au ministère des enseignements secondaires, car le gros lot de la jeunesse en âge d’éducation se trouve dans nos collèges et lycées. On pourrait aussi, si vous tenez toujours à garder l’egagement civique au niveau du ministère des sports, procéder à la création d’une direction chargée de l’éducation civique. Cette direction en collaboration avec les experts du monde éducatif, culturel, judiciaire et religieux sera chargée d’élaborer le contenu de l’éducation civique. Ce curricula sera obligatoirement enseigné dans nos collèges et lycées. En passant par l’enseignement, l’objectif sera productif. Le maître, l’enseignant est le mandataire des parents et de l’Etat. En lui confiant les enfants, ceux-ci lui donnent le pouvoir de continuer l’œuvre éducative commencée au foyer.
En paraphrasant l’un des principes de l’UNESCO, nous pouvons dire que c’est dans l’esprit des hommes qu’il faut semer les graines des valeurs morales et civiques. Cela passe par l’éducation ; celle-ci nous permet de développer en des futurs hommes du BENIN des qualités qui les mettront en harmonie avec leur société. En instaurant l’engagement civique, le président de la République prône un développement authentique, c’est-à-dire celui axé sur nos valeurs morales et culturelles, ce qui nous définit en tant que peuple souverain. Un développement qui néglige les valeurs morales et civiques est un développement inachevé et fragile, car ce sont justement les hommes de basse moralité qui finissent par détruire les œuvres matérielles de la République.
Daniel HOUEKIN