
À quelques des élections generales au Bénin, le Cadre de Concertation des Confessions Religieuses (CCCR) tire la sonnette d’alarme face à la montée des tensions politiques. Dans un communiqué signé par son secrétaire général le pasteur Michel ALOKPO, l’organisation interreligieuse lance un appel solennel à l’apaisement et propose aux acteurs politiques la signature d’une « Charte de paix et de bonne conduite ».
Un climat préélectoral sous haute tension
Le climat politique béninois inquiète.Alors que le dépôt des candidatures pour la présidentielle de 2026 vient de s’achever, les discours se durcissent et les tensions s’exacerbent. Le CCCR, qui dit suivre « avec attention et préoccupation » les derniers développements, appelle la classe politique à la responsabilité et au respect strict de la loi.S’appuyant sur les conclusions de son séminaire tenu à Cotonou du 2 au 4 septembre 2025, l’organisation religieuse rappelle que « la paix ne doit pas se réduire à un simple mot, mais se traduire par des comportements quotidiens empreints d’apaisement et de civisme ». Une charte pour engager formellement les leaders politiquesL’initiative phare du CCCR consiste en la proposition d’une « Charte de paix et de bonne conduite » destinée à être signée par tous les leaders politiques. Cette charte viserait à engager formellement les candidats et leurs partisans à adopter une attitude responsable tout au long du processus électoral.« Le CCCR propose à tous les leaders politiques la signature d’une ‘Charte de paix et de bonne conduite’ pour les engager formellement à adopter cette posture », précise le communiqué. L’organisation invite les responsables politiques à s’abstenir de tout message ou acte susceptible de menacer la paix et l’unité nationale.
Le dialogue avant la confrontation
Au-delà du strict respect du Code électoral, le Cadre de Concertation encourage vivement les acteurs politiques à privilégier le dialogue et la concertation. Les discours provocateurs et les appels insidieux à des troubles à l’ordre public doivent être bannis, insiste fermement l’organisation.En cas de contentieux électoral, le CCCR rappelle l’importance de recourir aux voies légales et de respecter le cadre républicain. « Il est important, en ces moments sensibles, de s’abstenir de tout message susceptible de menacer la paix et l’unité nationale », souligne Michel ALOKPO.
Un appel aux institutions électorales
Le CCCR ne se contente pas d’interpeller la classe politique.L’organisation s’adresse également aux institutions impliquées dans l’organisation des élections : la Commission Électorale Nationale Autonome (CENA), la Cour constitutionnelle et la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC).Ces institutions sont invitées à « se conformer strictement à la loi et à conduire le processus avec sagesse,équité et impartialité ».Le CCCR les exhorte à user de pédagogie dans leur communication afin d’éviter une crise de confiance dans les institutions de la République.
Les leaders religieux mobilisés pour l’apaisement
Enfin, l’organisation appelle ses propres membres et leaders spirituels à intensifier leurs messages d’apaisement. Elle les encourage à user de leur influence auprès des candidats et des responsables politiques pour prôner la non-violence et la retenue.« L’heure est plus que jamais à l’exemplarité, dans les propos comme dans les actes », a insisté Michel ALOKPO au nom du CCCR, rappelant ainsi le rôle crucial que peuvent jouer les confessions religieuses dans la préservation de la cohésion sociale en période électorale.
Reste à savoir si cet appel solennel sera entendu par une classe politique déjà engagée dans une campagne qui s’annonce tendue.
Max Gaspard ADJAMOSSI