SOCIÉTÉ DE RADIO ET DE TÉLÉVISION DU BÉNIN : Des centrales syndicales dénoncent des licenciements arbitraires et exigent l’arrêt immédiat de la procédure

Des centrales et confédérations syndicales du Bénin montent au créneau contre ce qu’elles qualifient de graves violations des droits des travailleurs à la Société de Radio et de Télévision du Bénin (SRTB). Dans une déclaration rendue publique le 21 février 2026 à Cotonou, elles dénoncent une série de décisions jugées arbitraires et appellent à l’arrêt immédiat de la procédure de licenciement engagée au sein de l’entreprise publique.

Signée par les secrétaires généraux de la CSA-Bénin, de la CGTB et de l’UNSTB, la déclaration évoque un « climat oppressant » accentué par les réformes en cours dans l’institution audiovisuelle publique. Les syndicats affirment que plusieurs agents ont été informés, lors d’une réunion tenue le 12 février, de leur licenciement imminent, sans préparation préalable ni justification claire.

Une procédure jugée brutale et opaque

Les organisations syndicales dénoncent une « brutalité inacceptable » et parlent d’un véritable « guet-apens administratif », indigne, selon elles, d’une institution censée incarner les valeurs du service public. Elles affirment qu’aucun critère de sélection des agents concernés n’a été communiqué, qu’aucune mesure d’accompagnement n’a été annoncée et qu’aucune concertation n’a été engagée avec les représentants des travailleurs.Pour les signataires, cette démarche constituerait une violation manifeste du Code du travail béninois, notamment en matière de licenciements collectifs, qui exigent consultation, justification technique ou économique et respect du principe du contradictoire.

Une décision contestée sur le fond

Au-delà de la procédure, les syndicats remettent en cause la logique qui sous-tend ces mesures. Ils estiment que la décision serait « téléguidée » et dépourvue de transparence institutionnelle. Selon eux, elle trahit la mission fondamentale du service public audiovisuel, qui repose sur la loyauté, la continuité et la primauté de l’intérêt général.Ils dénoncent également une orientation financière incompatible avec la vocation de la SRTB, rappelant que le service public audiovisuel ne peut être évalué selon des critères strictement commerciaux, alors même qu’il est financé en partie par les contributions des citoyens pour garantir le droit à une information accessible à tous.

Des difficultés matérielles pointées du doigt

Les syndicats évoquent par ailleurs un déficit criant en équipements modernes au sein de la SRTB. Ils affirment que certains matériels acquis ces dernières années auraient été redéployés vers d’autres structures, au détriment des besoins de l’audiovisuel public, fragilisant ainsi les capacités opérationnelles de l’institution.

Des exigences claires

Face à cette situation, les centrales syndicales formulent plusieurs revendications majeures :l’arrêt immédiat de la procédure de licenciement ;la réintégration sans délai des agents concernés ;l’ouverture d’un véritable cadre de dialogue avec les représentants des travailleurs ;la mise en œuvre d’une réforme jugée sérieuse, transparente et participative, fondée notamment sur l’investissement, la formation et la modernisation des équipements.

Un enjeu démocratique, selon les syndicats

Pour les signataires, la défense de la SRTB dépasse la seule question sociale. Ils estiment qu’il s’agit aussi de préserver un pilier du service public et de la démocratie. L’institution, soulignent-ils, appartient au peuple béninois et doit garantir une information indépendante, professionnelle et accessible.Affirmant rester mobilisées, les centrales syndicales concluent leur déclaration en réaffirmant leur opposition à toute forme de démantèlement du service public audiovisuel.

Lire ci dessous l déclaration des centrales et confédérations

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *