
La controverse autour de l’invalidation de la fiche de parrainage du député Michel François SODJINOU, membre du parti d’opposition Les Démocrates, prend une nouvelle tournure. Après les accusations de partialité portées par le parti contre la Commission électorale nationale autonome (CENA), cette dernière a réagi dans un communiqué daté du 20 octobre 2025, rejetant en bloc les allégations et réaffirmant son engagement pour la transparence du processus électoral. Le même jour, le collectif des avocats du parti Les Démocrates a publié à son tour une réplique virulente, dénonçant ce qu’il qualifie de “manœuvres d’exclusion” orchestrées par l’institution électorale.
La CENA dénonce une campagne de désinformation
Dans son communiqué signé par son président Sacca Lafia, la CENA affirme avoir pris connaissance “d’allégations diffamatoires et d’accusations infondées diffusées par le parti Les Démocrates”. L’institution électorale estime que ces déclarations “visent à mettre en cause l’impartialité et l’intégrité de la CENA” et s’inscrivent dans une “campagne regrettable de désinformation”.Concernant le député de la 19e circonscription électorale, Michel SODJINOU, la CENA précise que l’invalidation de sa fiche de parrainage “ne résulte pas d’une manœuvre arbitraire”, mais de l’exécution d’une ordonnance rendue par le président du tribunal de première instance de Cotonou. Elle affirme par ailleurs que le député “a lui-même retiré la nouvelle fiche de parrainage qui lui avait été délivrée” le 14 octobre, dernier jour du dépôt des candidatures.Réagissant aussi à l’intervention supposée d’un huissier de justice, l’institution dément avoir mandaté Maître Maxime René ASSOGBA, comme l’a affirmé le parti d’opposition, et confirme n’avoir collaboré qu’avec Maître Alain AKPO “dans le cadre de ses activités électorales conformément à la loi”.
Les Démocrates persistent et accusent la CENA de partialité
Quelques heures après la publication de la réaction de la CENA, le collectif des avocats du parti Les Démocrates a rendu public un contre-communiqué.Selon eux, loin d’éclairer l’opinion, la sortie de la CENA “la confond davantage”.Le parti soutient que l’invalidation de la fiche de parrainage du député Michel François SODJINOU est intervenue “sans que la CENA ne se soit assurée de la résistance du parti à l’exécution volontaire de la décision judiciaire”. Pour Les Démocrates, la CENA aurait dû attendre “la preuve de la diligence de l’huissier instrumentaire” avant de procéder à toute invalidation.Les avocats dénoncent également un dysfonctionnement dans le calendrier électoral. Selon eux, la plateforme d’enregistrement des dossiers de candidature, censée être ouverte le 8 octobre, n’aurait été activée que le 14 octobre, “le dernier jour du dépôt”, après les démarches d’invalidation de la fiche du député SODJINOU. Ils y voient la preuve d’un “parti pris contraire à la mission républicaine” de la CENA.
Une tension croissante à la veille des élections générales de 2026
Sur le plan politique,le parti Les Démocrates estime que la CENA agit “en collusion avec le pouvoir et une institution judiciaire non compétente” dans le but d’exclure leur formation du processus électoral. Ils appellent la Cour constitutionnelle à “dire le droit pour sauver la paix au Bénin”.
Face à ces accusations, la CENA maintient sa ligne : elle dit rester “inébranlable dans son engagement à organiser des élections transparentes, crédibles et démocratiques, dans le strict respect des lois de la République”.
À quelques mois des élections générales prévues en 2026, ce bras de fer entre l’institution électorale et le principal parti d’opposition révèle le climat tendu qui entoure la phase préparatoire du scrutin.
Max Gaspard ADJAMOSSI
