
Conformément aux dispositions de la loi électorale en vigueur au Bénin, tout candidat à l’élection présidentielle doit être parrainé par au moins vingt-huit (28) députés et/ou maires.Une exigence que Paul HOUNKPÈ, candidat du parti Force cauris pour un Bénin émergent (FCBE), a réussi à satisfaire, contrairement au parti Les Démocrates qui n’a pas franchi ce cap.
Cependant, à l’épreuve du terrain politique, notamment à la veille du lancement de la campagne électorale, une autre réalité semble se dessiner.Malgré l’obtention des parrainages requis, le candidat HOUNKPÈ peine à afficher une dynamique visible autour de sa candidature.Depuis plusieurs semaines, l’opinion publique s’interroge.Après les élections communales et législatives, nombreux étaient ceux qui s’attendaient à voir les parrains du candidat FCBE se manifester publiquement à ses côtés.Or, jusque-là, silence radio. Aucun maire ni député ne s’est clairement affiché comme soutien actif du candidat.
Une discrétion qui alimente interrogations et spéculations dans les milieux politiques.
Plus troublant encore, certains acteurs politiques soupçonnés d’avoir accordé leur parrainage à Paul HOUNKPÈ seraient, sur le terrain, engagés dans des initiatives ou mouvements favorables à son principal adversaire, Romuald WADAGNI. Une situation qui interroge sur la cohérence et la sincérité des engagements politiques pris dans le cadre du système de parrainage.
La reforme du système partisan à l’épreuve de la pratique
Cette situation relance le débat sur la pertinence du mécanisme de parrainage introduit dans la loi électorale. Conçu initialement pour encadrer les candidatures et renforcer la crédibilité du processus électoral, ce dispositif montre ici certaines limites.Comment comprendre en effet que des élus parrainent un candidat sans pour autant s’investir dans sa promotion politique? Plus encore, comment expliquer que ces mêmes parrains puissent, dans les faits, soutenir un autre candidat? Ces contradictions apparentes soulèvent des préoccupations sur la transparence et la responsabilité des acteurs politiques.
Pour certains observateurs, il pourrait s’agir soit d’une stratégie politique assumée, soit d’un manque de cohérence, voire d’engagement. Dans tous les cas, ces pratiques sont de nature à fragiliser les réformes du système partisan et à entamer la confiance des citoyens envers les institutions électorales.
Un rapport de force déjà déséquilibré?
Sur le terrain, plusieurs indicateurs laissent penser que le candidat Romuald WADAGNI bénéficie d’une avance significative en termes de mobilisation et de visibilité. Face à cette dynamique, la relative discrétion autour de la candidature de Paul HOUNKPÈ pourrait constituer un handicap majeur à l’approche du scrutin.Dans ce contexte, il apparaît crucial pour le candidat de la FCBE de clarifier sa base de soutien politique. Une prise de parole ou une visibilité accrue de ses parrains pourrait contribuer à rassurer l’électorat, renforcer sa crédibilité et, potentiellement, réduire le taux d’abstention ainsi que le nombre de bulletins nuls, souvent considérés comme des facteurs déterminants dans les résultats électoraux.
À défaut, le système de parrainage risque de perdre de sa substance, en donnant l’impression d’un simple formalisme administratif, déconnecté des réalités politiques et des dynamiques de terrain.