LIGUE PROFESSIONNELLE DU FOOTBALL : Le comité transitoire: un laboratoire pour la succession à la FBF?

La réunion extraordinaire tenue à Lokossa le 12 septembre 2025 par le Comité exécutif de la Fédération béninoise de football (FBF) n’a pas seulement accouché d’un report du championnat. Elle a surtout installé un nouvel acteur: le Comité transitoire de gestion du football professionnel. Officiellement, sa mission est claire: assurer la continuité et réorganiser la Ligue professionnelle, dont les organes précédents ont été dissous. Mais en coulisses, cette recomposition soulève une question: prépare-t-elle déjà l’après Mathurin DE CHACUS?

Le coordonnateur Gilles GBAGUIDI, président d’Espoir FC, flanqué de personnalités issues de clubs influents tels que Coton FC, Loto Popo, ASPAC ou encore AS Cotonou, incarne la volonté du Comité exécutif de redonner du souffle à une Ligue professionnelle engluée dans des lenteurs organisationnelles.Ce choix d’un panel élargi traduit une stratégie d’ouverture, mais il révèle aussi la volonté de transférer une partie de la légitimité fédérale vers les clubs eux-mêmes.

Ainsi,le centre de gravité du football béninois semble se déplacer progressivement des mains exclusives de la fédération vers celles des acteurs de terrain.Dans ce nouvel équilibre, Mathurin DE CHACUS demeure président de la FBF.Aucune annonce officielle ne mentionne son départ. Pourtant, la création de ce comité transitoire déplace la focale. La gestion de la Ligue professionnelle échappe désormais aux structures qu’il contrôlait directement.DE CHACUS reste donc en poste, mais son influence apparaît moins centrale, au profit d’une instance plus collective et potentiellement plus indépendante.

Cette nouvelle configuration offre aussi un tremplin pour de nouveaux visages. Si le coordonnateur ou l’un de ses adjoints parvient à convaincre les clubs, les sponsors et les supporters, il pourrait s’imposer comme figure incontournable du football béninois. Autrement dit, ce comité transitoire, en apparence provisoire, pourrait devenir la vitrine d’un futur successeur, désigné ou révélé par les résultats de sa gestion.

Reste que l’initiative née à Lokossa suscite autant d’espoirs que d’incertitudes.Elle témoigne d’une volonté de rupture avec certaines pratiques, d’une recherche de confiance et de crédibilité autour de la Ligue professionnelle.Mais elle comporte aussi le risque d’un échec qui plongerait le football béninois dans une crise plus profonde.

Entre réforme prudente et transition préparée, l’équilibre reste fragile. Une chose est sûre: ce comité n’est pas qu’un outil de gestion, il est aussi le baromètre de l’avenir du leadership à la FBF

Maurice TOUNDÉ

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