LA QUESTION DE LA MONOPARENTALITÉ AU BÉNIN : L’autre danger de la société qui doit interpeller les pouvoirs publics (Une réflexion deVincent LEZINME, Géoéconomiste Journaliste Enseignant)

Le phénomène préoccupe certainement.Peut-être pas du tout. Seulement, il sied maintenant de comprendre plus le phénomène de la monoparentalité, car c’est de ça qu’il est question au regard de son ampleur, son impact sur la société et le danger qu’il pouvait représenter pour elle et par conséquent les pouvoirs publics doivent s’y pencher.C’est peut-être simple pour constater la pauvreté qui caractérise les ménages monoparentaux où toutes les charges, peut-être presque, reviennent à la femme car elle est seule à y faire face.

Certainement, le phénomène est complexe et peu évident ou pas du tout pour d’autres. Mais, avec un peu d’attention et de curiosité, on peut se rendre compte de l’évidence et appréhender le phénomène dans sa complexité.

Le profil du phénomène Nous avons tous l’habitude des cérémonies presque tous les week-ends. Il nous est souvent donné de constater qu’il y a des enfants qui se promènent sur les lieux et rôdent autour des invités en surveillant les plats tout comme s’ils sont du service du ramassage des assiettes. Mais en réalité, il en est rien. Ces enfants guettent juste les restes des mets servis aux invités. Aussitôt vous rangez votre assiette ils se précipitent pour se poser là-dessus comme des mouches. En les questionnant pour comprendre par curiosité, on se se rend compte qu’ils ont une origine vulnérable. Ils sont pour la plupart des orphelins et le plus souvent ils sont à la charge de leur mère ou de leur grand-mère seule. Ces femmes étant limitées économiquement, vulnérables du fait de la pauvreté qui les caractérise abandonnent de fait les enfants à la rue.

On les voit exposés à la mendicité dans les rues, au phénomène de  » Vidomingon », enfants domestiques placés contre une rémunération ce qui les amène au travail des enfants ou dans les marchés avec des bagages sur la tête en se promenant. Ces enfants filles sont de plus en plus des proies faciles aux prédateurs sexuels et aux proxénètes pour les trafics de tout genre. Du coup, ces enfants deviennent des dangers pour la société car ils sont exposés à tout. La drogue, le vol, la cibercriminalité,… Bref, tout s’y passe.Par ailleurs, ces mères  » Solo » ne sont pas aussi éloignées de ces déviances. Le péripatétisme sexuel, la mendicité, le mensonge, tout ce que la misère monétaire peut engendrer trouve de place chez elles.

Les pouvoirs publics interpellés

Le phénomène de la monoparentalité doit retenir plus les attentions de la société et surtout des pouvoirs publics. La réalité est que le phénomène frappe plus les femmes que les hommes qui généralement ont un pouvoir économique plus élevé que celui des femmes. Par ailleurs, il sied de constater qu’en couple, les femmes consacrent plus leurs ressources au bien être de la famille, manger, prendre soin des enfants, etc, et dans le même temps, l’homme s’occupe plus de comment faire pour construire une maison ou acheter un moyen de déplacement notamment un véhicule. Après séparation, l’homme, lui a une maison et un moyen de déplacement. La femme qui part souvent avec les enfants devient vulnérable exposée à la misère, à la pauvreté. D’où l’urgence pour les pouvoirs publics de voir de près le phénomène à l’effet de prendre les dispositions ou les mesures qui s’imposent. Car, il est à constater par ailleurs que, généralement, lors des manifestations débouchant sur des troubles ou pouvant engendrer des troubles à l’ordre public voire l’insurrection, les manifestants sont le plus souvent d’ origine des familles monoparentales. Certes, il faut faut agir et vite. En revanche, il ne faut pas être iconoclastes en s’adressant aux pouvoirs publics. Notre société est déjà phallocrate par essence donc il convient de faire en sorte qu’elle ne devienne misogyne. Attention alors au  » Backlash  ».

Vincent LEZINME, Géoéconomiste Journaliste Enseignant

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