COMMUNALES 2026 AU BÉNIN : Les Démocrates crient au scandale et contestent leur disqualification

Le principal parti d’opposition béninois refuse de se soumettre à ce qu’il considère comme une machination visant à l’écarter des élections communales de 2026.Dans une déclaration de presse livrée ce lundi 10 novembre 2025, Les Démocrates (LD) accusent le régime en place et la Commission électorale d’orchestrer leur exclusion politique.Face à la presse et aux militants rassemblés à Cotonou, les responsables du parti Les Démocrates n’ont pas mâché leurs mots. Après avoir rendu grâce à Dieu et salué l’engagement des militants, la formation de l’ancien président Boni YAYI a dénoncé avec virulence ce qu’elle qualifie de « rouleau compresseur d’exclusion du régime dit de la Rupture ».

Un changement de code électoral stratégique

Pour les dirigeants du parti d’opposition, rien n’est laissé au hasard. Ils rappellent qu’après leur entrée au parlement en 2023, qui a permis de contester les décisions du pouvoir, le régime aurait modifié le code électoral pour « corser les conditions d’éligibilité » et donner davantage de pouvoir aux agents de l’administration dans la délivrance des pièces nécessaires aux candidatures. »Le régime, pour exclure son principal concurrent, actionne simplement les cadres de l’administration pour la confiscation des dites pièces », accusent-ils dans leur déclaration.Le parti affirme que cette stratégie vise à l’écarter non seulement de l’élection présidentielle et des communales, mais également à l’empêcher d’obtenir 20% des suffrages dans les 24 circonscriptions électorales lors des législatives, sans conclure d’accord de coalition avec des partis « soumis au diktat du régime ». Le parti Les Démocrates tient à préciser: « Nous n’avons mené aucune démarche pour un accord de gouvernance, ni un accord de coalition parlementaire. »

Un travail de préparation méticuleux saboté

Les Démocrates revendiquent avoir été le seul parti à avoir accompli les formalités requises de manière rigoureuse.Le parti affirme avoir couvert les 3.630 positions dans les 546 arrondissements du pays, fournissant près de 29.000 pièces au total. »Quelle abnégation! Quelle détermination et quel sérieux dans le travail! », s’exclame le parti, qui salue le dévouement de ses militants ayant « travaillé jour et nuit » pour cette préparation. Sur l’ensemble de ces documents, seulement 473 pièces auraient fait l’objet d’observations de la part de la CENA, contre 21.000 pour le parti MOELE-BÉNIN et des « cartons d’observations » pour l’UP-R, le BR et la FCBE.

L’administration accusée d’obstruction

C’est lors de la phase de complétude que la situation aurait basculé. Selon LD, alors que le délai légal de 72 heures leur était imparti pour compléter leurs dossiers, l’administration aurait délibérément retenu des pièces pourtant prêtes. »Le jeudi 6 novembre 2025, nos mandataires et même des candidats présents à la Direction des Impôts, se sont vu refuser la remise des quitus. Ce refus s’est poursuivi jusqu’au vendredi 7 novembre 2025 après 14h03, heure limite de dépôt de la complétude à la CENA », détaille la déclaration.Les documents concernés incluent notamment des quitus fiscaux et des certificats de nationalité, dont les notifications de retrait avaient pourtant déjà été reçues par les intéressés.

Des preuves d’inégalité de traitement

Le parti d’opposition pointe du doigt un traitement différencié flagrant en faveur de la Force Cauris pour un Bénin Émergent (FCBE), formation proche du pouvoir. Cette dernière aurait bénéficié de faveurs exceptionnelles de la part de la CENA. »Un Parti comme la FCBE qui était déjà hors délai des 72 heures s’est vu accorder de nombreuses faveurs La CENA leur a permis de recevoir des compléments de dossiers jusqu’au samedi, pendant qu’il n’était plus dans le délai », affirme LD.Le parti assure disposer d’un constat d’huissier attestant ces irrégularités et affirme avoir alerté le président de la CENA. Plus grave encore, selon Les Démocrates : « À l’heure même où nous vous parlons, la FCBE est encore à la CENA en train de procéder à des réajustements et des compléments de dossiers, mais pendant ce temps la CENA les déclare retenus. » Le parti dénonce également le fait que lors du dépôt initial des dossiers, toutes les formations politiques hormis LD avaient des candidats non-électeurs, ce qui aurait dû entraîner le rejet de leurs listes dès cette première étape.

Dans un réquisitoire sans concession, Les Démocrates qualifient la Commission électorale de « CENA boiteuse et aux ordres », accusant ses membres d’avoir « pris position pour leurs formations politiques de base ».Le parti « refuse de prendre acte » de la décision d’invalidation et la « rejette avec la dernière vigueur », la jugeant « inique et injuste ».

Appel à la communauté Internationale et recours juridiques

Face à ce qu’il considère comme une dérive autoritaire, le parti Les Démocrates tire la sonnette d’alarme et interpelle la communauté internationale sur « la volonté d’exclusion du principal parti d’opposition ». LD réclame « un audit de tous les dossiers des partis politiques en compétition à la CENA afin d’éclairer l’opinion nationale et internationale sur le jeu flou de la CENA ». Le parti réaffirme sa détermination: « Nous rejetons cette malheureuse décision de la CENA et nous saisirons toutes les voies de recours possibles. »

Dans sa conclusion, le parti martèle: « Le Parti Les Démocrates réaffirme sa volonté de compétir à toutes les élections et se battra pour que cela soit une réalité. »Cette crise électorale survient dans un contexte politique tendu au Bénin, où l’opposition dénonce depuis plusieurs années un rétrécissement de l’espace démocratique. L’issue de cette bataille juridique et politique pourrait déterminer la configuration des élections de 2026 et, au-delà, l’avenir du pluralisme politique dans le pays.

La rédaction

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