
Du 28 au 30 janvier 2026, l’Assemblée nationale du Bénin vivra ses derniers instants sous la 9ème législature. Ces trois journées de séance plénière au Palais des Gouverneurs marqueront la clôture d’un cycle parlementaire et la fin d’une ère politique, avant l’installation solennelle de la 10ème législature prévue le 8 février 2026. Un agenda chargé de treize points attend les députés sortants pour ce dernier marathon législatif.
Un passage de témoin historique dans neuf jours
L’Assemblée nationale béninoise s’apprête à tourner une page majeure de son histoire.Après plusieurs années de travaux législatifs, la 9ème législature cédera la place à la 10ème le 8 février prochain, marquant ainsi le renouvellement démocratique des institutions parlementaires du pays. Cette transition constitutionnelle intervient dans un contexte où le Bénin poursuit ses réformes structurelles et son développement économique.Les sessions plénières des 28, 29 et 30 janvier représentent donc l’ultime opportunité pour les députés de la 9ème législature d’achever leurs travaux en cours et d’adopter des textes cruciaux pour l’avenir du pays. Le Président de l’Assemblée nationale a convoqué les honorables députés pour ces trois journées intensives qui débuteront chaque jour mercredi, jeudi et vendredi prochain à partir de 10 heures.
Santé publique et culture : priorités législatives de dernière minute
L’ordre du jour s’ouvre sur deux projets de loi majeurs qui témoignent des priorités nationales.Le premier concerne la lutte contre le VIH/Sida, avec un texte ambitieux visant à moderniser le cadre juridique de prévention et de prise en charge des personnes vivant avec le virus. Cette législation définira précisément les missions et responsabilités des acteurs impliqués dans cette bataille de santé publique.Le secteur culturel n’est pas en reste. Les députés examineront un projet de loi relatif à l’industrie du cinéma et de l’image animée, un texte attendu par les professionnels du secteur et qui devrait donner un nouvel élan à la création cinématographique béninoise. Ce cadre législatif moderne vise à structurer une industrie en pleine croissance et à favoriser l’émergence de talents nationaux.
Des milliards mobilisés pour les infrastructures et l’assainissement
La partie la plus substantielle de l’ordre du jour concerne la ratification de plusieurs accords de financement internationaux, témoignant de l’attractivité du Bénin auprès des bailleurs de fonds. Les députés devront valider pas moins de huit accords avec différents partenaires techniques et financiers.
Cotonou : vers une meilleure gestion des eaux pluviales
Deux projets d’assainissement urbain retiendront particulièrement l’attention.D’abord, le financement BOAD pour le Programme d’Assainissement Pluvial de Cotonou (PAPC), qui prévoit la construction de trois bassins de rétention et de collecteurs modernes. Ensuite, la seconde phase du Projet d’Assainissement Pluvial des Villes Secondaires (PAPVS II), qui étendra ces infrastructures vitales au-delà de la capitale économique.Ces investissements massifs répondent à une urgence climatique : protéger les populations urbaines contre les inondations récurrentes et améliorer durablement leur cadre de vie. Les experts estiment que ces infrastructures réduiront significativement les dégâts causés par les fortes pluies, un enjeu majeur dans le contexte du changement climatique.
Coopération internationale : la France et l’Europe en première ligne
La coopération bilatérale et multilatérale occupe une place centrale dans cette dernière session. L’Agence Française de Développement (AFD) multiplie son engagement avec trois conventions distinctes à ratifier :Un programme budgétaire global de soutien aux secteurs de l’Éducation et de la Santé, signé en septembre 2023, qui constitue la pierre angulaire de la coopération franco-béninoise dans les secteurs sociaux
Une convention de crédit de soutien budgétaire d’octobre 2024, offrant au gouvernement une marge de manœuvre financière pour ses priorités de développement
Un financement innovant pour la politique publique culturelle, démontrant l’engagement de la France à promouvoir le rayonnement culturel du Bénin
L’Union Européenne, via la Banque Européenne d’Investissement (BEI), apporte également sa contribution avec le financement du projet Chain Doazan Grand Nzako Line, signé à Luxembourg en décembre 2024. L’Association Internationale de Développement (AID) complète ce tableau avec son Programme d’Appui Budgétaire à l’Amélioration et la Résilience, visant à renforcer la capacité du Bénin à faire face aux chocs économiques.Ces multiples partenariats internationaux témoignent de la confiance des bailleurs dans la gouvernance économique béninoise et dans sa capacité à mettre en œuvre des projets structurants. Ils représentent des centaines de millions d’euros d’investissements pour le développement du pays.Justice constitutionnelle et transparence financière au menu
Les aspects institutionnels ne sont pas oubliés.
Un projet de loi modificatif concernant la Cour constitutionnelle sera soumis aux députés, ajustant certaines dispositions relatives au fonctionnement de cette institution garante du respect de la Constitution et de l’État de droit.Les parlementaires examineront également le rapport annuel 2024 de la Cour des Comptes, document crucial qui dresse le bilan de la gestion des finances publiques et évalue la transparence dans l’utilisation des deniers de l’État. Ce rapport constitue un outil essentiel de contrôle parlementaire et de redevabilité démocratique.La ratification d’une loi de finances rectificative concernant le Conseil Économique et Social complète cet agenda institutionnel, démontrant l’attention portée aux ajustements budgétaires même en fin de législature.
Clôture solennelle et regard vers l’avenir
Le troisième et dernier jour de plénière, le 30 janvier, sera marqué par la clôture officielle de la deuxième session ordinaire de l’année 2025, mais aussi, plus symboliquement, par l’adieu à la 9ème législature. Ce moment solennel permettra aux députés sortants de dresser le bilan de leurs mandats et de leurs réalisations.Neuf jours plus tard, le 8 février 2026, le Palais des Gouverneurs accueillera la cérémonie d’installation de la 10ème législature. Les nouveaux députés, élus lors des dernières élections législatives, seront installés et entameront leur mandat avec de nouvelles ambitions pour le Bénin.Cette transition parlementaire intervient dans un contexte national dynamique, où le Bénin poursuit sa trajectoire de réformes économiques et sociales. Les observateurs politiques s’accordent à dire que la 10ème législature héritera d’un agenda ambitieux, avec des défis majeurs en matière de développement, de gouvernance et de bien-être social.
Un héritage législatif conséquent
En bouclant cet agenda dense en trois jours, la 9ème législature cherche à léguer à ses successeurs un cadre juridique renforcé et des partenariats financiers solides. Les textes adoptés lors de ces dernières séances auront des impacts durables sur la vie des Béninois, que ce soit dans l’accès aux soins, la protection contre les inondations, ou le développement de l’industrie culturelle nationale.Les débats qui animeront l’hémicycle du Palais des Gouverneurs ces 28, 29 et 30 janvier seront suivis avec attention par les observateurs politiques et les citoyens, conscients que ces dernières heures de la 9ème législature marquent la fin d’un chapitre important de l’histoire parlementaire béninoise.
