ASSEMBLÉE NATIONALE DU BÉNIN : Les députés adoptent à l’unanimité la loi de finances gestion 2026**D’un montant d’environ 3 784 milliards de FCFA**Absence remarquée des députés du groupe “Les Démocrates

L’Assemblée nationale du Bénin a adopté ce jeudi 4 décembre 2025 la loi de finances pour la gestion 2026, marquant une étape importante dans la consolidation de la politique économique du gouvernement. Le budget, qui s’équilibre en ressources et en charges à 3 783,984 milliards de FCFA, a été voté à l’unanimité des députés présents et représentés lors de la séance plénière.Cette loi de finances représente une augmentation significative de 232,979 milliards de FCFA par rapport au budget 2025, soit une hausse de 6,6%. La séance plénière, présidée par Louis Gbèhounou VLAVONOU, s’est déroulée en présence du Ministre d’État chargé de l’Économie et des Finances Romuald WADAGNI, accompagné de ses collègues Yvon DÉTCHÉNOU de la Justice, Shegun ADJADI BAKARY des Affaires étrangères et Sadiya ASSOUMA du Commerce.Selon le rapport général présenté par la Commission des finances et des échanges, présidée par l’honorable Gérard GBÉNONCHI, ce projet de loi reflète l’effort constant de mobilisation de recettes intérieures sans privilégier la perception de nouveaux impôts et taxes. Il traduit également une maîtrise de la progression des postes de dépenses ainsi que leur ciblage, en conformité avec l’objectif d’amélioration de la qualité de l’action publique.

Un budget fondé sur des perspectives économiques ambitieuses

Élaboré à partir des repères économiques et sociaux adoptés par le gouvernement et débattus au Parlement le 27 juin 2025, ce budget prévoit un taux de croissance du PIB de 7,5% en 2026. Cette croissance devrait être tirée principalement par un secteur agricole dynamique grâce aux initiatives de soutien à la mécanisation agricole, l’augmentation de l’activité industrielle, l’accroissement des trafics au Port de Cotonou et les actions de promotion touristique.Le déficit budgétaire, dons compris, s’établirait à 2,7% du PIB, contre 2,9% projeté pour la fin de l’année 2025, témoignant de la volonté politique de préserver durablement la soutenabilité budgétaire. Le taux d’inflation serait maîtrisé et le niveau d’allocation de ressources aux dépenses à sensibilité sociale atteindrait 42% du budget général.

Des ressources budgétaires en forte progression

Les prévisions de ressources budgétaires pour l’année 2026 s’élèvent à 2 645,976 milliards de FCFA contre 2 367,383 milliards de FCFA prévus en 2025, soit une hausse de 278,593 milliards de FCFA, correspondant à 11,8%. Cette amélioration soutenue repose sur les effets attendus des réformes entreprises dans le sens de l’élargissement de l’assiette fiscale et la modernisation des procédures afin d’augmenter le rendement de l’impôt.Les prévisions de dépenses budgétaires s’élèvent à 3 065,133 milliards de FCFA, en hausse de 286,614 milliards de FCFA, soit 10,3%. Elles se décomposent en 2 936,333 milliards de FCFA pour le Budget général, 90,600 milliards de FCFA pour le Fonds National des Retraites du Bénin et 38,200 milliards de FCFA pour les Comptes d’affectation spéciale.Cette hausse maîtrisée des dépenses globales permet au gouvernement de poursuivre le renforcement des moyens financiers au profit des secteurs clés de l’économie nationale, sans oublier les efforts de défense du territoire national et de maintien de l’ordre public. Les dépenses en capital sont en hausse de 19,9% contre 5,8% pour les dépenses d’acquisition de biens et services.

Des innovations fiscales importantes

La loi de finances 2026 comporte plusieurs innovations majeures. Les dispositions relatives à la répartition des produits de la taxe sur la valeur ajoutée ont été modifiées. À compter du 1er janvier 2026, pour la TVA perçue par la Direction générale des impôts, 1% sera logé au compte de consignation pour le remboursement des certificats de détaxe, 12,35% à la Caisse autonome de gestion de la dette et 86,65% au Trésor public.Pour la TVA perçue au cordon douanier, 2% sera affecté au compte de consignation pour le remboursement des certificats de détaxe, 97,5% au Trésor public et 0,5% aux collectivités territoriales.

Par ailleurs, les dispositions du Code général des impôts concernant les déductions de TVA ont été modifiées pour inclure les frais de carburant pour véhicules affectés exclusivement aux activités de transport public, les produits pétroliers utilisés pour le fonctionnement des cuves, ainsi que le gasoil, les huiles et les graisses utilisées par les entreprises industrielles et du secteur des BTP pour le fonctionnement de leurs engins. Pour les entreprises des BTP, cette déduction est limitée à 90% de la TVA supportée.

Reconduction de mesures incitatives

Le gouvernement a décidé de reconduire plusieurs mesures favorables aux contribuables et aux investisseurs. Du 1er janvier au 31 décembre 2026, les majorations, intérêts de retard et frais de saisie ne seront pas applicables aux contribuables qui procèdent au paiement intégral de la taxe foncière unique, sous réserve de leur immatriculation à l’identifiant fiscal unique.Les véhicules neufs à quatre roues importés, fabriqués ou vendus à l’état neuf en République du Bénin bénéficieront d’abattements sur la valeur en douane de 90% pour les véhicules électriques, 95% pour les véhicules hybrides et 90% pour les autres véhicules neufs.Les aéronefs et aérostats ainsi que leurs pièces de rechange seront exonérés des droits et taxes de douane et de la TVA. Il en sera de même pour les récipients pour gaz comprimés ou liquéfiés et leurs accessoires pour gaz domestique, ainsi que pour les équipements destinés à la construction et à la rénovation des stations-services.

Un programme d’investissement public ambitieux

Le Programme d’Investissement Public pour 2026 prévoit une contribution des ressources intérieures au financement des projets et programmes à hauteur de 690,953 milliards de francs CFA, soit 57% du montant total. Les ressources intérieures sont composées de contributions budgétaires de 619,813 milliards de FCFA et d’emprunts intérieurs pour 56,140 milliards FCFA.Les ressources extérieures, constituées de dons et de prêts provenant des partenaires au développement, s’élèvent à 520,730 milliards de francs CFA. Les prêts représentent 466,054 milliards de FCFA tandis que les dons sont évalués à 66,700 milliards de FCFA.

Les préoccupations des députés

En commission comme en plénière, les députés ont soulevé plusieurs préoccupations portant notamment sur les clarifications des performances économiques réalisées, la capitalisation des fonds levés au titre de la dette domestique, l’état d’avancement de l’étude actuarielle du déficit budgétaire du FNRB et la nécessité de prendre des mesures pour faire face aux dérèglements climatiques.Les députés se sont également interrogés sur les domaines d’intervention du fonds destiné à la gestion des catastrophes, les raisons expliquant la baisse des dépenses destinées au secteur de l’énergie malgré la priorité accordée à l’industrialisation, et les conditions d’approvisionnement en matières premières dans les usines de transformation des produits agricoles.Des questions ont également porté sur l’état d’avancement de l’aménagement des 1500 km de routes et des 1000 km de pistes rurales, le retard observé dans l’achèvement de la route Djougou-Péhunco et le sort réservé à la construction des lycées scientifiques. Pour ce qui est des amendements proposés, ils ont été pris en compte à 100% par le gouvernement.Un vote unanime saluant une décennie de réformes

En l’absence des députés du groupe parlementaire « Les Démocrates, » les députés des groupes Union progressiste le Renouveau et Bloc Républicain ont exprimé leur soutien à ce budget. L’honorable Natondé AKÉ, au nom du groupe Union progressiste le Renouveau, a félicité le Président TALON et son gouvernement pour avoir soumis un budget de consolidation des acquis et de projection, qui prolonge dix ans de réformes cohérentes. »Il n’est pas un budget d’annonces, c’est un budget de transformation réelle. Il prépare le futur, notamment à l’horizon 2060, désormais inscrit comme perspective stratégique », a-t-il déclaré, ajoutant que très peu de nations comparables ont réalisé ce que le Bénin a accompli en dix ans.L’honorable Assan SEIBOU, au nom du Bloc Républicain, a salué la rigueur avec laquelle le Bénin est gouverné, comme en témoigne le taux de croissance de plus de 7% projeté pour 2026, avec des mesures fiscales très incitatives.L’honorable Chantal AHYI a précisé que ce vote représente un choix de courage, de cohérence et de responsabilité devant le peuple béninois. Selon elle, il s’agit d’un vote pour la vérité contre les discours faciles, pour consolider les réformes, pour la jeunesse contre le fatalisme, pour le social contre la manipulation émotionnelle, et pour la Vision Bénin 2060 contre la myopie politique.Avant de suspendre la séance, le Président Louis Gbèhounou VLAVONOU a exprimé toute sa gratitude et ses remerciements à tous ceux qui l’ont accompagné dans sa mission ayant conduit au vote de deux lois majeures, notamment la loi de finances pour la gestion 2026 et la loi de règlement définitif du budget de l’État pour la gestion 2023.Ce budget 2026, adopté dans un contexte de consolidation économique et de préparation de l’avenir, témoigne de la volonté du gouvernement béninois de poursuivre sa trajectoire de développement tout en maintenant la soutenabilité des finances publiques et en accordant une place prioritaire aux dépenses sociales.

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