
Après plusieurs semaines de tensions ayant fortement perturbé le fonctionnement des structures sanitaires, les étudiants et médecins en formation médicale spécialisée au Bénin ont officiellement annoncé la levée de leur mouvement de suspension. La reprise effective des activités hospitalières, des gardes et de la formation clinique est prévue pour les mardi 17 et mercredi 18 mars 2026.Cette décision fait suite à une audience accordée, le lundi 16 mars 2026, par le Président de la République, Patrice TALON, à une délégation du Collectif des étudiants et médecins en formation médicale spécialisée.
Au terme de plus de trois heures d’échanges, les représentants du collectif ont obtenu des avancées jugées significatives.Parmi les points majeurs issus de cette rencontre figure la reconnaissance, par le Chef de l’État, de la légitimité des préoccupations soulevées par les praticiens en formation. Un accent particulier a été mis sur la nécessité de doter cette catégorie d’acteurs du système de santé d’un statut juridique protecteur. À cet effet, une commission ad hoc a été annoncée pour travailler à l’élaboration d’un cadre légal et de nouvelles conventions hospitalières dans les plus brefs délais.
Sur le plan judiciaire, notamment concernant les trois médecins en formation condamnés en première instance, le Président de la République a rappelé son attachement au principe de la séparation des pouvoirs et à l’indépendance de la justice. Le collectif a été invité à faire confiance aux procédures en cours, notamment à travers l’appel déjà interjeté devant la Cour d’appel de Cotonou.
Dans un esprit de responsabilité et conformément à leur serment déontologique, les étudiants et médecins en formation ont décidé de privilégier la continuité du service public hospitalier. Toutefois, la reprise des activités s’accompagne de mesures conservatoires strictes.
Désormais, aucune décision médicale ou thérapeutique ne pourra être prise sans l’aval préalable d’un praticien senior. De même, la présence physique d’un médecin expérimenté est exigée lors des actes opératoires.Le collectif insiste également sur la traçabilité médico-légale des prescriptions et l’imputabilité des actes cliniques, qui devront désormais mentionner explicitement les praticiens seniors responsables de la supervision.Tout en appelant à la discipline et au respect rigoureux de ces directives, les responsables du mouvement se veulent rassurants quant à la poursuite des réformes engagées. Ils réaffirment leur engagement à œuvrer, aux côtés des autorités, pour une amélioration durable du système sanitaire béninois.
Cette reprise marque ainsi une étape importante vers l’apaisement de la crise et la relance normale des activités dans les établissements de santé du pays.
Max Gaspard ADJAMOSSI
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