
Le porte-parole du gouvernement contre-attaque vigoureusement après les déclarations de l’ancien président dénonçant une politique d’exclusion de l’opposition.Au lendemain de la déclaration vidéo de l’ancien président Boni YAYI du 28 octobre 2025,le gouvernement béninois a réagi par la voix de son porte-parole, Wilfried Léandre HOUNGBEDJI. Dans une réponse sans détour, ce dernier a qualifié les accusations de l’ancien chef d’État de « pathétiques », rejetant en bloc les allégations d’un complot orchestré contre le parti Les Démocrates.
« Mister YAYI refuse d’assumer ses responsabilités »
« Monsieur Boni Yayi fait du Mister YAYI et refuse d’assumer ses responsabilités dans la crise qui secoue son parti » a déclaré Wilfried HOUNGBÉDJI.Pour le porte-parole du gouvernement béninois, l’ancien président cherche à rejeter sur le pouvoir les difficultés internes de sa formation politique, plutôt que de questionner sa propre gestion.« C’est consternant.Il refuse d’assumer ses responsabilités dans la crise qui ébranle son parti, malgré les reproches formulés par de nombreux cadres éminents sur sa gestion »
La sagesse africaine comme argument
Dans ses réponses précédentes aux accusations du parti Les Démocrates, Wilfried HOUNGBÉDJI n’a pas hésité à user de métaphores pour illustrer son propos. « La femme qui ne sait pas danser accuse ses seins d’être trop proéminents », a-t-il ironisé le 17 octobre 2025 lors d’un point de presse, suggérant que le parti d’opposition cherche des excuses externes pour justifier ses propres défaillances.« Si on s’habitue à battre sa coulpe sur la poitrine des autres, chaque fois qu’on est en situation difficile, c’est ne jamais faire l’exercice d’honnêteté envers soi-même, de reconnaître ses torts, de chercher à les corriger pour s’améliorer », a-t-il martelé.
Le gouvernement se défend de toute ingérence
Face aux accusations de débauchage de députés et de hauts responsables du parti Les Démocrates, le porte-parole du gouvernement a catégoriquement rejeté l’idée d’une main invisible téléguidant les dissidents. « Au niveau de la mouvance, on ne peut pas dire que nous n’avons pas non plus nos contradictions, nos divergences. Mais nous avons fait l’effort, nous, de les gérer au mieux et de dégager un duo de candidatures qui soit suffisamment compatible pour tous, a-t-il expliqué.Selon Wilfried HOUNGBÉDJI, le gouvernement n’est pas responsable des difficultés du parti d’opposition Les Démocrates à désigner un candidat ou à sécuriser ses parrainages. « Si l’opposition n’a pas su gérer ses contradictions avec efficacité, ce n’est pas au gouvernement qu’il faut en faire porter la responsabilité » , a-t-il insisté.
Une crise interne plutôt qu’un complot
La position du gouvernement est claire : l’élimination des Démocrates de la course présidentielle 2026 résulte avant tout de divisions internes et non d’un sabotage externe. Le cas du député Michel SODJINOU, qui a retiré son parrainage au duo candidat du parti, illustre selon l’exécutif cette fracture interne que Boni YAYI refuse d’assumer.Le porte-parole du gouvernement béninois a invité la formation de l’opposition à « reconnaître ses propres erreurs » et à « privilégier le dialogue pour surmonter les divergences ».Cette joute verbale intervient dans un climat politique particulièrement tendu au Bénin, où la question de l’espace démocratique et de la participation de l’opposition reste au cœur des débats à quelques mois de l’élection présidentielle d’avril 2026.