À L’OCCASION DE LA FÊTE DE L’INDÉPENDANCE : 369 personnes condamnées graciées par le Président Wadagni (lire la liste des graciés)

Le président de la République du Bénin Romuald Wadagni a gracié 369 prisonniers à l’occasion de la fête nationale

À l’occasion de la célébration du 66e anniversaire de l’accession du Bénin à l’indépendance, le Président de la République Romuald Wadagni a décidé d’exercer le droit de grâce que lui confère la Constitution. Cette mesure, la première prise depuis son entrée en fonction, bénéficie à trois cent soixante-neuf (369) personnes condamnées.

Selon le communiqué de la Présidence, les opérations de mise en liberté ont débuté ce samedi 1er août et se poursuivent, le temps d’accomplir les formalités administratives et judiciaires requises, seul le premier relayé ayant pour l’instant été rendu public.

Un geste solennel pour la première fête de l’indépendance du septennat

En choisissant cette date symbolique pour son premier geste de clémence, le chef de l’État a voulu donner à sa décision une portée singulière, faisant de la grâce présidentielle une expression de la communion nationale. Le texte de la Présidence rappelle que cette prérogative, à la fois constitutionnelle et souveraine, ne remet pas en cause les décisions de justice ni le fonctionnement des institutions judiciaires : elle allège l’exécution de la peine sans effacer la condamnation, et s’exerce dans un cadre légal rigoureusement défini.

Le communiqué cite les propos du Président Wadagni, pour qui cet acte traduit la conviction qu’un État fort est aussi un État capable de discernement, d’humanité et de clémence lorsque les circonstances le permettent.

Julien Kandé Kansou, seul opposant connu parmi les bénéficiaires

Parmi les personnes graciées figure Julien Kandé Kansou, écrivain, chroniqueur et militant de la cellule de communication du parti d’opposition Les Démocrates. Âgé de 34 ans, il avait été arrêté en juin 2025 à son domicile d’Akassato, puis condamné en avril 2026 par la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) à deux ans de prison ferme et à une amende, pour des publications sur les réseaux sociaux jugées virulentes à l’égard du pouvoir, notamment un message évoquant une « révolution électorale ». Il aura passé plus d’un an en détention provisoire avant sa libération, ce samedi, de la maison d’arrêt de Ouidah.

Son avocat, Me Augustin Aballo, a salué le geste du chef de l’État et exprimé le souhait que « les lignes bougent davantage sur le plan politique », estimant que le peuple béninois n’oublie jamais ce qui se fait dans le sens du renforcement de l’unité nationale. Les autres bénéficiaires de la mesure sont, pour l’essentiel, des détenus de droit commun.

Une décision qui s’inscrit dans un contexte de débat sur les libertés publiques

Cette grâce intervient alors que l’opposition et plusieurs familles réclament régulièrement la libération de personnes qu’elles considèrent comme des détenus politiques. Le geste présidentiel, bien qu’il ne concerne qu’un seul opposant identifié, a été perçu par plusieurs observateurs comme un signal d’apaisement dans un climat politique encore marqué par les suites de la présidentielle d’avril 2026.

La cérémonie du 1er août, qui s’est tenue sur le Boulevard de la Marina et l’esplanade du Monument Amazone à Cotonou, constituait la toute première fête de l’indépendance présidée par Romuald Wadagni depuis son investiture le 24 mai 2026. Le défilé militaire et civil a également marqué la participation d’un détachement de l’armée nigériane, aux côtés des Forces armées béninoises, dans la continuité de la coopération militaire observée lors des éditions précédentes.

Max ISHOLA

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