AFRIQUE DU SUD : Kemi Séba reste derrière les barreaux (La justice de Pretoria rejette la libération sous caution)

L’espoir d’une libération provisoire s’est dissipé ce mercredi pour Kemi Séba. Comparaissant pour la deuxième fois devant le tribunal de première instance de Pretoria, l’activiste panafricaniste de son vrai nom Stellio Gilles Robert Capo Chichi attendait une décision sur sa demande de mise en liberté sous caution. La réponse de la juridiction sud-africaine est sans appel: la décision est reportée au 11 mai prochain, et Kemi Séba demeure en détention provisoire.

Le passeport diplomatique, argument rejeté

Au cœur des débats de cette audience figurait la question du statut diplomatique de l’activiste.Le passeport présenté par l’intéressé n’a pas été jugé suffisant par la juridiction, faute d’accréditation préalable ou d’ordre de mission reconnu.En d’autres termes, un passeport diplomatique ne confère aucune immunité ni avantage procédural s’il n’est pas accompagné d’une reconnaissance officielle des autorités du pays d’accueil. Cet argument, visiblement central dans la stratégie de la défense, n’a pas pesé dans la balance.La procureure s’est par ailleurs fermement opposée à la demande de mise en liberté sous caution, et des déclarations attribuées à des enquêteurs sud-africains ont été évoquées lors de l’audience, selon lesquelles l’activiste serait considéré comme « une personne très dangereuse » faisant l’objet de recherches dans plusieurs pays

Une procédure qui s’étire, une affaire aux multiples dimensions

Kemi Séba avait été interpellé le 13 avril 2026 en Afrique du Sud.Il fait l’objet d’un mandat d’arrêt international émis par les autorités béninoises pour des faits qualifiés d’apologie de crime contre la sûreté de l’État.Un second mandat, signé le 13 juin 2025, vise quant à lui des faits de blanchiment de capitaux. Arrêté dans un centre commercial de Pretoria en compagnie de son fils et d’un ressortissant sud-africain, Kemi Séba est également accusé par les autorités locales d’être entré illégalement au Zimbabwe via le fleuve Limpopo.Il comparaît aux côtés de François van der Merwe, identifié comme facilitateur, de son fils Khonsou Séba Capo Chichi, âgé de 18 ans, ainsi que de deux autres personnes.

L’extradition vers le Bénin, un horizon encore incertain

Le Bénin, qui soupçonne Kemi Séba d’apologie du terrorisme, réclame son extradition.Mais la procédure se heurte à des obstacles juridiques. À ce stade, la demande d’extradition n’a pas encore été formellement transmise. Sa préparation est en cours selon le parquet spécial, dans le cadre des mécanismes de coopération judiciaire liant les deux pays.Son avocat Juan Branco a pour sa part affirmé que la demande d’extradition transmise par l’État du Bénin « ne respectait pas les conditions exigibles » et avait été rejetée par la Magistrate Court de Pretoria.

Rendez-vous le 11 mai

La prochaine audience, fixée au 11 mai 2026, sera déterminante. Elle devra trancher, d’une part, sur la demande de libération sous caution et, d’autre part, sur l’orientation générale d’un dossier qui mêle droit pénal, droit migratoire et enjeux diplomatiques entre Pretoria, Cotonou et Niamey. En attendant, Kemi Séba reste en cellule lui qui se présentait volontiers comme le pourfendeur des puissances néocoloniales se retrouve aujourd’hui au cœur d’un bras de fer judiciaire dont l’issue reste suspendue aux décisions d’une justice sud-africaine qui entend, pour l’heure, procéder à son propre rythme.

Max ISHOLA

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