
Après les opérateurs économiques et les femmes du secteur informel, Romuald WADAGNI s’est tourné vers les artisans. Une rencontre tenue à son siège de champagne à Cotonou, mais un message qui visait bien plus loin que les frontières du Bénin.
Une stratégie de terrain assumée
Le candidat continue de quadriller le tissu socio-professionnel béninois. Cette fois, ce sont des représentants de divers corps de métiers qui ont fait le déplacement jusqu’à son quartier général de campagne Cordonniers, menuisiers, tisserands, maroquiniers autant de visages d’un secteur que WADAGNI entend placer au cœur de son projet économique.L’échange a rapidement pris la forme d’une déclaration d’intention.
Sortir l’artisanat de l’ombre
Face à ses interlocuteurs, le candidat n’a pas mâché ses mots: l’artisanat béninois est sous-exploité, sous-valorisé, et sous-financé. Trop longtemps cantonné à l’économie informelle, il recèle pourtant un potentiel considérable, à condition de lui en donner les moyens.« Imaginons un futur où les artisans béninois sont valorisés dans les grands magazines de décoration, de maroquinerie ou de mode à travers le monde », a-t-il lancé. Une formule volontariste, qui traduit une vision: faire du savoir-faire local une vitrine Internationale du Bénin.
Deux leviers concrets: financement et montée en gamme
Pour passer de la vision à la réalité, WADAGNI articule son programme autour de deux priorités.D’abord, élargir l’accès aux financements, afin de permettre aux artisans de moderniser leurs équipements sans s’endetter à des conditions prohibitives. Ensuite, accompagner la montée en gamme : former, certifier, normaliser, pour répondre aux exigences croissantes des marchés extérieurs.L’objectif est clair : que l’artisan béninois ne soit plus seulement compétitif chez lui, mais exportable.
L’État comme premier client du savoir-faire local
Troisième axe du discours : le rôle de la commande publique. WADAGNI s’engage à mobiliser les pouvoirs publics pour qu’ils privilégient davantage les artisans locaux dans la réalisation des grands projets d’infrastructure et d’aménagement. Une manière de stimuler la demande intérieure tout en renforçant la légitimité du secteur.Ce positionnement tranche avec une pratique souvent dénoncée : celle qui consiste à recourir à des prestataires étrangers pour des réalisations qui pourraient être assurées localement.
Un pari sur l’avenir
Cette rencontre s’inscrit dans une logique plus large.Romuald WADAGNI construit, meeting après meeting, un discours de réhabilitation des secteurs populaires ceux qui font vivre des millions de Béninois sans figurer dans les grandes statistiques de la croissance.Si l’ambition se confirme en actes, elle pourrait marquer un tournant dans la manière dont le Bénin pense son développement économique: non plus par le haut, mais en partant de ceux qui travaillent de leurs mains.
Max ISHOLA
