ACCUSATIONS TOUS AZIMUTS DU GÉNÉRAL TIANI CONTRE LE BÉNIN : Le Président du Niger se trompe de cible

Le président du Niger, le général TIANI, a récemment dirigé des accusations graves contre le Bénin, la Côte d’Ivoire et la France, les tenant responsables de l’insécurité qui ravage son pays notamment des dernières attaques contre l’aéroport de Niamey .Or, une analyse rigoureuse des données géographiques, militaires et diplomatiques suggère que ces accusations sont non fondées.

Une géographie qui contredit les accusations

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Depuis l’arrivée du général TIANI au pouvoir, quelque 1 700 victimes d’attaques djihadistes ont été enregistrées au Niger, civils et militaires confondus. La région la plus touchée est celle de Tillabéri, qui se trouve non pas à la frontière du Bénin ou du Nigeria, mais dans la zone des trois frontiers celle où Mali, Niger et Burkina Faso se rejoignent. C’est dans cette zone que sont implantées les bases des groupes armés terroristes, à commencer par les mouvements dirigés par des figures comme Amadou Kouffa un citoyen malien bien connu, et d’autres dirigeants d’origine burkinabé et malienne.La question se pose alors : pourquoi le général TIANI accuse-t-il le Bénin, dont la frontière avec le Niger est fermée, ou pire encore, la Côte d’Ivoire, un pays situé à plus de 3 000 kilomètres de ses frontières ?

La frontière avec le Bénin : fermée et hors de la ligne de feu

Le Bénin a été mis en exergue dans les accusations de Niamey, mais les faits ne soutiennent pas cette thèse. La frontière niger-béninoise est fermée. Si des flux de personnes ou de matériel parvenaient à traverser, c’est davantage du côté nigérian que la porosité géographique et la flexibilité des contrôles auraient pu permettre cela, non côté béninois. Les accusations contre Niamey semblent donc manquer de fondement géographique et logistique.

Une double étalon sur la question de la souveraineté

L’un des arguments les plus révélateurs concerne la présence de troupes russes au Niger. Le général TIANI a lui-même remercié la Russie pour le déploiement de ses soldats sur le sol nigérien. Or, lorsque la France est intervenue au Bénin à la demande du Président Patrice TALON, chef d’État élu pour aider à lutter contre la tentavive de coup d’état, cette même intervention a été dénoncée comme une « violation de la souveraineté », Cette position révèle un double étalon : la France est systématiquement présentée comme « le loup », tandis que d’autres puissances étrangères sont accueillies sans contestation. Ce narratif, amplement relayé par des créateurs de contenu dans les carrefours de Niamey,Ouagadougou ou de Bamako, semble davantage servir une communication politique qu’une analyse rationnelle de la menace.

Une économie en péril, des problèmes ignorés

Au-delà de la sécurité, le Niger fait face à des crises économiques profondes que les accusations contre des pays tiers permettent de détourner l’attention. La société française Orano , liée à l’État du Niger par un contrat en uranium, a saisi la justice après la rupture de celui-ci. Aucun État ne se risquera désormais à acheter cet uranium au risque de faire face à des poursuites judiciaires. Un navire russe a certes récupéré environ mille tonnes d’uranium, mais celui-ci se trouve aujourd’hui immobilisé à une base aérienne, sans solution commerciale claire.

Le pipeline qui devait rapporter quelque 500 millions de dollars par an à Niamey est aujourd’hui endommagé et ces dégâts ont eu lieu sur le sol nigérien, pas au Bénin.Les véritables responsables en tête de listeLes dirigeants des groupes terroristes actifs dans le Sahel sont bien identifiés. Parmi eux, des personnalités comme Amadou Kouffa sont d’origine malienne, d’autres sont burkinabés. Aucun n’est français, togolais ou béninois. Ces groupes opèrent depuis longtemps dans la zone des trois frontières, un fait bien documenté par les forces de sécurité régionales et internationales.

La question des rançons : un sujet tabou

Enfin, un aspect particulièrement sensible a été soulevé : les rançons payées aux groupes armés. Les Émirats arabes unis auraient déboursé cinquante millions de dollars en octobre dernier pour libérer l’un de leurs ressortissants, un ancien général à la retraite. Cette somme a directement renforcé les finances du terroriste un mécanisme qui profite considérablement à ces groupes dans le Sahel. Pourtant, personne ne semble s’interroger sur les pays qui financent indirectement ces organisations à travers de telles transactions.

Les accusations du général TIANI contre le Bénin, la Côte d’Ivoire et la France manquent de fondement géographique, logistique et historique. Les données montrent que la menace terroriste au Niger provient principalement de la zone des trois frontières, impliquant principalement des acteurs maliens et burkinabés. Plutôt que de chercher des boucs émissaires à l’extérieur, le Niger gagnerait à concentrer ses efforts sur les véritables sources du problème et à préserver les coopérations internationales nécessaires pour lutter efficacement contre le terrorisme dans le Sahel.

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