PRÉSIDENTIELLE 2026 AU BÉNIN: AUDIENCE A LA COUR CONSTITUTIONNELLE : Le jeudi de tous les dangers pour “Les Démocrates”

C’est le jeudi 23 octobre que la Cour Constitutionnelle du Bénin doit trancher l’affaire du parrainage du député Michel SODJINOU, après avoir reporté son audience du lundi 20 octobre à la demande du parti Les Démocrates Pour le principal parti d’opposition, c’est littéralement un jour de vérité : une décision défavorable pourrait sonner le glas de sa participation à la présidentielle d’avril 2026.

Un report qui prolonge l’incertitude

L’audience plénière du lundi, annoncée comme décisive, n’aura duré que quelques minutes avant d’être suspendue Les Démocrates ont obtenu ce délai pour verser de nouveaux éléments au dossier, mais ce répit ne fait que prolonger une tension devenue insoutenable. Depuis le 13 octobre, date à laquelle le président du tribunal de Cotonou a ordonné au parti et à son chef Boni YAYI de restituer au député Michel SODJINOU sa fiche de parrainage, le compte à rebours est lancé. Le recours déposé par le Représentant des Démocratges, M. OUASSAGARI vise à contester une ordonnance du tribunal de première instance de Cotonou ayant invalidé le parrainage de Michel SODJINOU. Cette invalidation a réduit le nombre de parrainages du parti à 27, en dessous du seuil constitutionnel de 28 requis pour présenter un candidat à l’élection présidentielle de 2026.« Il est essentiel que la Cour nous accorde le temps nécessaire pour produire les éléments complémentaires qui démontrent la validité du parrainage de notre collègue », a déclaré le député OUASSAGARI à la sortie de l’audience suspendue.La Cour constitutionnelle, en accédant à la requête du parti, montre sa volonté de garantir une procédure équitable et transparente. Plusieurs acteurs politiques et juridiques ont salué cette décision, estimant qu’elle permet aux Démocrates de défendre pleinement leurs droits dans un contexte électoral tendu.

Le nœud gordien du parrainage

Au cœur de ce psychodrame politique se trouve une question apparemment technique mais aux conséquences dramatiques: le nouveau Code électoral impose à tout candidat à la présidence de recueillir 15 % de parrainages parmi les maires et députés, soit 28 élus . Or, Les Démocrates disposent pile de ce nombre… à condition que le parrainage de SODJINOU soit validé.Mais voilà : le 13 octobre 2025, le député Michel SODJINOU, élu de la 19ème circonscription électorale, a notifié à son parti par exploit d’huissier son intention de retirer son parrainage. Un véritable coup de massue pour le parti de Boni YAYI.

Une bataille judiciaire à plusieurs fronts

La situation est d’une complexité juridique rare. Le militant Nourou-Dine SAKA SALEY a lui-même saisi la Cour Constitutionnelle lundi matin à 8h33, demandant que le député SODJINOU soit sommé de comparaître physiquement pour clarifier son option de parrainage Pour ce juriste du parti, « une élection présidentielle qui se tient dans un pays qui se veut démocratique sans la participation du plus grand parti d’opposition n’est pas une véritable élection » Mais la Cour fait face à un dilemme cornélien. D’un côté, sa jurisprudence, notamment la décision DCC-24-040, stipule que « le détenteur du pouvoir de parrainer étant d’abord le militant d’un parti politique, il conserve certes sa liberté, mais ne peut en jouir dans le cadre du parrainage, qu’en conformité avec la vision et les valeurs de sa formation politique » De l’autre, la Cour constitutionnelle avait déjà, dans des décisions rendues en février 2021, reconnu la liberté du parrain et la possibilité pour ce dernier de se rétracter avant la clôture des candidatures

Les Démocrates dos au mur

Face à cette crise existentielle, le parti Les Démocrates a maintenu le dépôt de la 28ème fiche de parrainage, celle précisément de Michel SODJINOU, dénonçant « des manœuvres dilatoires » et « des pratiques opaques » au sein de la. Le parti accuse le pouvoir d’orchestrer cette situation pour l’écarter de la course.Dans une conférence de presse au siège national de Fifadji, les dirigeants ont qualifié SODJINOU “d’instrument du pouvoir » et dénoncé une « tentative orchestrée de déstabilisation »

Ce jeudi décisif

Ce jeudii, les sept sages de la Cour Constitutionnelle doivent trancher.Leur décision dira non seulement si Les Démocrates peuvent présenter un duo candidat, mais aussi si le système de parrainage conserve sa légitimité démocratique. Pour l’opposition béninoise, c’est véritablement le jeudi de la mort. Un jeudi où se jouera peut-être l’avenir du pluralisme politique au Bénin. Les militants retiennent leur souffle. Les regards sont braqués sur Cotonou. Et l’histoire attend son verdict.

Max Gaspard ADJAMOSSI

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